LE BRUCHEC Jordy

LE BRUCHEC Jordy
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Article publié dans le livre Artistes Occitanie, les 30 artistes 2023, paru en novembre 2022.
Quatrième volume de la série Artistes Occitanie, les 30 artistes de l’année.

Jordy Le Bruchec
La figuration libre dans un vaisseau cosmique

La peinture est de grand format. Sur un fond jaune clair, des formes flottent dans l’air, dans une toile qui n’a ni haut ni bas: un crâne bleu central évoque les martiens de Tim Burton. Du sommet du crâne sort on ne sait quelle articulation métallique qui va le relier à une nouvelle masse bleue, évoquant le premier crâne, en moins accompli. Et l’articulation métallique repart, vers un autre volume bleu, et encore un autre. De temps à autre, les bras métalliques s’arrêtent sur des rosaces roses, évoquant autant une fleur qu’une forme en devenir.
Tout cela représenté avec de très nombreux détails, et un souci de donner du volume à chaque élément, par des jeux d’ombre, de cerclage, voire par des glacis légers qui éloignent peu à peu la couleur.
Cette toile dénommée Greeb, est une bonne entrée en matière pour découvrir le monde de Jordy Le Bruchec: des toiles très équilibrées emplies de formes organiques évoquant des plantes, des animaux, mais égale- ment des machineries bizarres, tout cela flottant dans un univers cosmique.
“Devant mon tableau, t’es un peu comme à l’étranger… Il y a des choses qui t’inquiètent, des choses qui te rassurent, des choses que tu as l’impression de connaître mais que tu ne connais pas. Tu ne parles pas la langue et tu dois t’approprier les lieux petit à petit et commencer à naviguer dans cet univers qui est complètement inconnu, même si t’as des repères dans lesquels tu vas devoir naviguer, et avec le temps tu t’adaptes et tu comprends de plus en plus de choses. J’aime bien cette idée de faire voyager le spectateur dans le tableau, il le voit, il est perdu mais il ne tient qu’à lui de se l’accaparer et de voyager dedans, de découvrir des choses dans les moindres détails.

On ne découvre pas une ville en un jour. Un tableau, c’est pareil. Il faut prendre des heures, il faut le regarder, le re-regarder, en comprendre les formes. Je n’ai pas envie de faire des tableaux qui se comprennent en trois secondes ou du moins qui se regardent en peu de temps, j’ai envie que les gens puissent avoir le temps de le regarder et en repassant devant, y comprendre d’autres trucs et peut- être même le voir complètement différemment de la première fois qu’ils l’ont vu. ”

Chaque œuvre commence de la même manière : directement sur la toile, sans croquis préparatoire. “Soit je commence par une couleur de fond, soit je commence par le dessin au pinceau noir. Ce qui est sûr, c’est que je n’ai jamais de photo ou d’image sur lesquelles je m’appuie. J’interviens sur la toile et je prends ensuite mes décisions étape par étape”.
Si l’on reprend Greeb, le point de départ a été ce fond jaune pâle, fait à la bombe. “ Et puis j’ai eu envie de bleu, et les formes que j’ai posées avaient des allures de cloche. J’ai fait pivoter le tableau, ce que je fais toujours, et les cloches sont devenues des crânes ou des débuts de crâne, et puis j’ai rajouté les formes mécaniques, et puis il m’a semblé que pour des questions d’équilibre chromatiques, il fallait ajouter des tonalités rouges, j’ai donc mis ces boules violacées ”.
Le tout s’achève avec un gros travail de finition, comme cette lumière jaune-blanche qui cercle tous ces motifs et qui les détache du fond, et les place ainsi en apesanteur.

BIO
Je dessine depuis l’enfance, mais c’est resté longtemps un plaisir personnel. L’école ne m’a pas apporté grand-chose. En revanche, j’ai baigné dans un univers comprenant beaucoup d’images, mon père étant bouquiniste spécialisé dans la bande dessinée.
J’ai arrêté l’école vers 16 ans pour partir avec mes parents au Costa- Rica. J’y ai commencé à faire du dessin car les possibilités étaient différentes et nombreuses : décoration de planches de surf, cours de dessin aux enfants, rendus 3 D pour architectes ainsi que fresques murales chez des particuliers.
Ces années-là m’ont convaincu d’essayer de vivre du dessin et je suis parti à 20 ans à Barcelone pour y suivre une formation d’art graphique pendant près de quatre ans avant de rejoindre ma famille revenue à Sète avec laquelle nous avons tenu un restaurant familial saisonnier.
Il s’en est suivi une bonne période en Guyane où j’ai été marqué par la profusion et la diversité offerte par la Forêt dont on trouvera des traces par la suite sur mes tableaux.
Vers 30 ans, je me suis dit qu’il fallait que je me mette sérieusement à la peinture. Je suis donc passé des outils qu’on utilisait en BD (crayons, posca, encres) à l’acrylique sans trop savoir les difficultés que j’allais rencontrer, C’est ce qui m’a sauvé : Il m’a fallu prendre la chose très au sérieux et à bras le corps afin de régler les difficultés techniques les unes après les autres pour arriver à un résultat qui me satisfasse mais aussi pour le penser digne d’être montré.
Après avoir fait le tour des galeries du Sud pour comprendre leur dynamique et montrer mon travail mi 2020, j’ai choisi la galerie Dock Sud de Sète par affinité pour représenter mon travail. Cela n’a pas été simple. J’ai eu besoin de plusieurs tentatives et après une belle mise au point sur les relations nécessaires entre artiste et galeriste de la part de Martin Bez pour arriver à une relation durable qui fonctionne, nous sommes arrivés à un accord.
Depuis je travaille en exclusivité avec Dock Sud qui m’a déjà présenté en solo show galerie et dans une petite dizaine de Foires d’Art contemporain avec déjà une cinquantaine d’œuvres vendues.

A voir à la galerie DOCK SUD, Sète.

Anne Devailly

Route d'Uzès 30190 Garrigues Sainte Eulalie

    Galerie d'art de l'artiste

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