CAMILLE Anna

CAMILLE Anna
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Artiste peintre, membre de la Maison des Artistes depuis 2013, ses tableaux à l’huile et ses dessins à l’encre.
‘J’observe autour de moi, le paysage, les personnes, les objets. Quand un élément provoque une émotion en moi, je travaille à l’isoler pour identifier ce qui déclenche cette émotion. Je souhaite avant tout rester fidèle à l’empreinte intérieure qu’a l’objet sur moi, plus qu’à son apparence extérieure.’
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Article publié dans le 5è volume de la série Artistes Occitanie, les 30 artistes (2024)

Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse
Anna Camille
L’autoportrait, rien de plus mais rien de moins

Anna Camille travaille simultanément sur plusieurs séries qui ont toutes des objectifs différents. Ce texte sur focalise sur son travail sur l’autoportrait. Rencontre avec une artiste qui creuse sans cesse l’expressivité humaine.

Un fond en a-plat jaune orangé et un visage en noir et blanc. Rien de plus. Une couleur pour l’ambiance, mais en à-plat pour rester en arrière-plan et pour que le regard soit vraiment concentré sur ce visage, ses expressions, la lumière qui en émane.
Anna Camille va à l’essentiel: pas d’arrière-plan, pas de sujet autre qu’elle-même. Nous sommes face à un autoportrait de l’artiste qui regarde frontalement le spectateur.
“L’humain me fascine, explique l’artiste. À chaque moment il y a des pensées, des sentiments, des soucis qui apparaissent dans nos cerveaux et qui sont peut-être visibles sur nos visages. Je cherche cette vérité de l’expression, la multiplicité des pensées contradictoires qui animent le visage à chaque moment. Dans le visage, on voit qu’une personne n’est jamais seulement heureuse ou mélancolique”.
De fait, le visage vibre. Il interroge également: de loin, on pense avoir affaire à un fusain, mais de près, on identifie le medium réellement utilisé par l’artiste: de la peinture à l’huile, une technique qui demande lenteur et maturation. C’est tout le paradoxe de cette oeuvre: Anna Camille part d’un selfie rapidement réalisé mais fait le choix d’un medium qui lui impose de se laisser imprégner lentement des expressions aperçues pour en extraire l’essentiel.
“En fait, les traits de la personne, autrement dit ce qui la caractérise dans la durée, ne m’intéressent pas trop. Je cherche l’expression du moment, à la fois l’expression vers l’extérieur et l’expression vers l’intérieur”.
Ce visage qui accroche le regard fait partie d’une série d’autoportraits, tous réalisés en noir et blanc, sur un fond coloré. “J’ai décidé de travailler de façon plus structurée, avec une série d’autoportraits en noir et blanc assez récemment, en 2018 : le même format, et le même visage ; comme des variations sur un thème dans la musique.
Cet exercice permet d’approfondir la recherche. Faire des variations sur un même visage permet de montrer l’instabilité de la nature humaine. Et puis, techniquement, cela permet aussi de montrer comment la façon d’utiliser la peinture à l’huile change l’expression d’un tableau”.
La comparaison avec la musique coule de source pour cette artiste, aujourd’hui également galeriste, qui a mené précédemment une carrière de violoniste à Londres et Bâle. Ce n’est d’ailleurs qu’après cette carrière qu’elle a repris les pinceaux: “J’ai commencé à peindre en 2007 après une pause de 16 ans, consacrée à ma carrière de violoniste. J’ai d’abord peint des paysages, des abstraits, des personnages, dans des styles toujours différents.
Et puis est venu ce travail sur l’autoportrait. La première série d’autoportraits en noir et blanc se focalise uniquement sur le visage. J’ai ensuite mis un visage de cette première série dans une des compositions en jaune. Dans cette série “ En jaune”, je peins la figure, ou une partie du corps qui participe à l’expression du visage, mais ce qui est sûr, c’est que la composition ne passe pas par la peinture d’éléments de contexte. La composition passe juste par le choix de l’emplacement de la figure sur la toile. S’il y a un élément, je le mets seulement pour la beauté de la composition, pas pour des questions narratives”.
Dans l’autoportrait où l’artiste-modèle semble se défier de l’image qu’elle propose, le visage est volontairement bas, et il laisse son ombre sur le jaune, celui-ci donnant alors l’impression d’un mur proche et oppressant. Rien à voir avec le jaune solaire du portrait où son visage, plus grand, plus serein, est clairement au centre de la toile.
Anna Camille aime citer Holbein le Jeune ou Francis Bacon, deux peintres qui l’ont inspirée et qui eux aussi avaient su renouveler l’exercice du portrait – chacun à son époque- tout en restant dans une grande économie de moyens.
Depuis, l’artiste décline ses autoportraits en quatre séries, qui correspondent à différents objectifs. Et elle travaille alternativement sur l’une ou sur l’autre, explorant ainsi différents univers. “Dans tous les cas, ces visages sont intemporels. Pas forcément en termes d’époque, pas non plus en termes de technique picturale, mais dans la façon d’exprimer une personnalité. Il me semble que celle-ci échappe à toute notion de temps”.

La première série se décline en noir et blanc en petit format ; la deuxième, de grandes toiles sur fond jaune ; la troisième comprend des oeuvres réalisées avec des touches plus épaisses, des couleurs, dans une grande liberté, sans recherche de rigueur ou d’exactitude dans les traits. “Ici, la chose la plus importante, c’est le dialogue entre la figure et ce qu’il y a autour”.
Quant à la quatrième, Anna Camille l’a appelée ‘Du matin profond’ : “C’est une réflexion sur pourquoi j’aime me réveiller tôt, et travailler tôt le matin. J’aime la couleur de la lumière, avant que le soleil ne devienne visible. Pour exprimer ensemble cette notion du moment de l’aube et de sa couleur si particulière, j’ai emprunté au philosophe Pierre Magnard son titre, ‘la couleur du matin profond’”.
Anna Camille, ou comment réaliser des variations autour d’un sujet, comme peuvent le faire les compositeurs en musique. Finalement, comme d’autres avant elle (Ingres, Klee, Matisse), la musique et la peinture se rejoignent et vibrent avant tout d’une seule chose: la recherche de la nuance, quel que soit le sujet choisi.
Anne Devailly

VERBATIM
“Souvent, les gens me demandent – pourquoi l’autoportrait ? Mais ce qui m’importe, finalement, ce n’est vraiment pas que le spectateur me voie. Au contraire: il se voit lui-même. Les traits ne font pas un personnage ; c’est la façon dont on les regarde qui donne une existence et un sens aux traits”.

BIO
Anna Camille est née en Angleterre, d’un père seychellois et d’une mère finlandaise. Elle a fait ses études en Angleterre.
Elle a pratiqué le violon dès l’âge de 3 ans et fait une carrière de premier violon dans un orchestre de Bâle (Suisse) pendant une dizaine d’années.
“J’ai fait quarante ans de violon mais j’ai toujours été attiré par la peinture”.
Après plus de trois décennies en tant que violoniste, elle décide de mener de front son travail de violoniste et celui d’artistes peintre dès 2007. Depuis, elle se consacre exclusivement à la peinture et en 2013, elle déménage en France. Elle se lance alors dans la restauration d’une une élégante demeure XIXè dans un village audois pour y créer un espace d’exposition depuis 2015.

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Anna Camille à la Galerie de la Cabrerisse de 11 octobre à 20 décembre
Avenue de Narbonne 11220 Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse
Atelier ouvert au public
Oui
Téléphone

    Statut artiste
    Artiste-auteur
    N° MDA ou Agesssa
    CB97709
    Galerie d'art de l'artiste

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