
Œuvre curatée par Misa ATO
À propos de cette œuvre
L’artiste assume l’entière responsabilité de cette annonce ainsi que la vente et la livraison de l’œuvre originale.
Lieu où se trouve l’œuvre originale : 30100
La série Issue21 de Misa ATO , Lauréate du prix ARTXINÎM IV présentée par NegPos.
La vie clandestine des constructions qui cessent d’être des constructions a toujours suscité un intérêt d’exploration et un questionnement sur l’oubli. Le fait d’imaginer de nouvelles constructions par l’exercice de ma profession accentuait ce sentiment de lâcheté face à ces ouvrages souvent remarquables et débordants de vécu qui transpirent au travers de ces matériaux dégradés. Fixer ces espaces comme une forme d’archéologie topologique, raviver leurs propriétés, pour soutenir leurs combats qui sont ceux de la survie sur la décomposition, sur le temps, sur le silence. Mes dernières recherches proposent une forme de décalage de notre perception du réel par une mise en scène fictive de la lumière sur ces espaces ordinaires, ces lieux abandonnés, friches industrielles en attente d’effacement. Je m’appuie sur la géographie de ces espaces pour isoler une zone, un objet, une trace identifiée qui peut représenter le temps écoulé, distillé, et la mémoire encore présente ressentie.
La plupart des espaces photographiés que je présente ont disparu. Certains ont été épargnés et ont été réhabilités par un changement de leur fonction initiale. Dans tous les cas, leur histoire a été effacée, pour se disperser jusqu’à l’oubli.
La destruction est toujours contestable, doit être contestable, car elle ferme définitivement les horizons des politiques urbaines. Socialement, car elle affecte irrémédiablement le vécu des personnes qui, de près ou de loin, se sont appropriées ces lieux, par le travail ou par une activité quotidienne. Environnementalement, car la pratique du quartier perd ses repères visuels, ses rythmes, et c’est l’ensemble des sens jadis perçus qui s’effacent définitivement.
























