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En Aveyron, l’artiste Nicole Pfund maintient le contact avec les artistes de Gaza

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En Aveyron, l’artiste Nicole Pfund maintient le contact avec les artistes de Gaza

Le peintre palestinien Mohamed Al Hawajri.


La peintre Nicole Pfund, basée à Saint-André-de-Najac en Aveyron s’est rendue jusqu’ici régulièrement en Palestine où elle intervenait dans la seule école des Beaux-Arts de ce territoire, à Naplouse, en Cisjordanie.

En début d’année, l’artiste a fait don d’une œuvre au musée de la Palestine, dont les collections sont pour l’instant entreposées à l’Institut du monde arabe, à Paris.

En décembre 2021, l’artiste avait organisé à Villefranche-de-Rouergue une exposition d’un collectif d’artistes gazaouis qu’elle avait monté lors de son premier voyage dans ces terres de Palestine, en 2002. Décembre 2021, elle expose les oeuvres du collectif Eltiqa, et fait venir deux d’entre eux, Raed Issa et Mohamed Hawajri. 

Une exposition d’autant plus utile que depuis 2002, les visiteurs qui pouvaient se rendre en Palestine et leur acheter des tableaux ont évidemment disparu. 
Fin 2021, les deux artistes avaient pu répondre à son invitation et se rendre en Averyon, en passant par l’Egype, “la seule porte de sortie du territoire, après l’obtention d’un visa et une aide de l’Institut de France à Gaza”, précisait alors le journaliste qui rendait compte de l’exposition dans le journal Le Villefranchois. Déjà à cette date, précisait encore le journal de Villefranche-de-Rouergue, l’un des deux artistes, Raed Issa expliquait que son atelier et ses créations avaient déjà été deux fois détruits par des bombardements.

Aujourd’hui….
Voici le texte que lui a fait parvenir Mohammed Al Hawajri, pris sous le feu des bombes avec sa famille, à Gaza.

Mes chers amis,

 Je tiens à vous dire que je suis toujours en vie mais en fait, sans vie ici dans la peur et la terreur. Comme tout le monde sait Gaza depuis le début de cette guerre, il n’y a pas d’eau, d’électricité, de médicaments, de nourriture, ou autre. Les gens ici meurent lentement. Des bombardements très très violents de partout de la terre, de la mer et du ciel ne s’arrête pas, pas un instant, tout le monde est terrifié, enfants, femmes âgées, même animaux. Il n’y a pas de pitié à tuer chaque minute, il y a la mort et les gens sont déchirés en pièces. Nous ne pouvons pas dire au revoir aux morts ou les accepter un bisou d’adieu de la laideur du regard que nous ne pouvons reconnaître. Pour nos proches morts, ils sont devenus des petits morceaux déformés.

À Gaza, la vérité est bien plus grande et plus grande que ce que les médias ou les médias sociaux présentent, il y a des dizaines de massacres et des tonnes d’explosifs qui tombent sur Gaza, il n’y a pas d’endroit sûr ici, tout Gaza est détruit et exterminé.

Écrivez cette lettre, je suis avec mes enfants et ma famille dans une pièce. Nous n’espérons pas tous survivre à cette horrible guerre. Si nous allons à la nuit, nous ne savons pas si le matin viendra à nous. La nuit est très terrifiante. Ça prend feu et le bruit des explosions, les maisons tremblent. Je n’ai pas eu l’expérience de vivre dans des zones de tremblement de terre, mais ce que nous ressentons maintenant à Gaza est semblable au tremblement de Terre dévastateur dû à la gravité des explosions qui détruisent les villes, les quartiers, les villages, les camps, les maisons et tout ce qui se trouve à Gaza est une cible, aucune vie dans une telle horreur et une telle haine.

C’est Gaza.

Mohammed Al-Hawajri, 6 novembre 2023

  • Mohammad Al-Hawajri est né au camp de réfugiés de Bureij dans la bande de Gaza en 1976. En 2002, Al-Hawajri a fondé le Groupe Eltiqa pour l’art contemporain dans la bande de Gaza. Entre 2008 et 2009, il bénéficie d’une bourse qui lui permet de résider à la Cité Internationale de Paris.
Photo avec sa femme, Dina Mattar, également artiste


 

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