A Martel (Lot), la Chapelle de Maraden et ses fresques de Miklos Bokor en lice pour le trophée de la Fondation du Patrimoine

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A Martel (Lot), la Chapelle de Maraden et ses fresques de Miklos Bokor en lice pour le trophée de la Fondation du Patrimoine

 

Image extraite du film que Guillaume Fréchon a consacré à la Chapelle pour les journées du patrimoine en 2020. Film visible sur youtube.

La Fondation du Patrimoine organise comme chaque année son trophée du Patrimoine en région. Huit projets participent au trophé du patrimoine occitan 2026. Comme chaque année, ce sont avant tout des bâtiments anciens qui sont en lice, mais l’un d’entre eux cette année sort un peu du lot: il s’agit de la chapelle de Maraden à Martel, qui comporte notamment des fresques réalisées par le peintre Miklos Bokor de 1998 à 2002. Des fresques émouvantes, où le peintre, qui avait vécu lui-même dans les camps, retrace le destin du peuple juif, au XXe siècle.

Le projet permettrait à la commune de Martel et la communauté de commune Cauvaldor d’acquérir auprès de la famille de l’artiste et de restaurer cette chapelle du XIIIe siècle, de pérenniser les fresques et de les faire connaître. Bâtie en pierre avec un couverture en lauzes calcaires, la chapelle et ses décors sont menacés par des infiltrations d’eau. Une première mesure provisoire a été mise en œuvre par les propriétaires qui, en concertation avec la DRAC, ont fait installer une bâche de protection sur la toiture.

Afin de protéger les fresques, et de préserver sa dimension mémorielle, la commune de Martel et la communauté de communes ont décidé d’acheter le site de la chapelle, y compris la propriété intellectuelle de l’œuvre.
Le projet de valorisation s’articule autour de trois axes :

  • Acquisition par les collectivités locales et classement au titre des monuments historiques
  • Travaux de préservation et d’entretien de l’édifice : aménagement des accès au site, confortation des élévations et du couvrement voûté de la chapelle et restauration de la couverture en lauzes
  • Le musée de la Raymondie, à Martel, consacrera une salle aux fresques de la chapelle.

L’objectif est de préserver l’intimité du lieu et lui conférer une dimension de sanctuaire: l’ouverture au public serait limitée à des occasions particulières comme les journées du patrimoine, des commémorations, des demandes motivées à des fins de recherche etc. Pour assurer la transmission de la mémoire de la Shoah et des personnes déplacées à travers le monde dont témoigne l’œuvre de Miklos Bokor, le musée de la Raymondie, ayant l’appellation musée de France, prendrait le relais en diffusant une projection des fresques.

  •  Retour sur l’histoire du lieu:
    De 1235 à la Révolution, il existait à Maraden un prieuré d’ermites. Il ne reste aujourd’hui que cette grande chapelle et des traces de murs sous les herbes. Elle aurait été construite à la fin du XIIème siècle ou au début du XIIIème siècle, et vendue à la Révolution en tant que bien national.
    Cette grande chapelle abrite aujourd’hui « La spirale de l’Histoire », une fresque immense, unique et bouleversante, œuvre du peintre hongrois Miklos Bokor.
  • L’artiste, Miklos Bokor, un survivant des camps de concentration:
    En 1944, à 17 ans, Miklos Bokor est capturé, déporté avec sa famille à Auschwitz, déplacé à Buchenwald, Rhemsdorf, de camp en camp, jusqu’à Theresienstad, où il est libéré en 1945. S’il en est revenu, ce n’est pas le cas de ses parents et d’uen grande partie de sa famille.
    Hospitalisé jusqu’en 1947, il commence à dessiner, en autodidacte. Son œuvre sera un sujet d’inspiration majeur pour les poètes. Dans les années soixante, il réside en France et rencontre notamment Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Paul Celan. Il partage son temps entre son atelier parisien de La Ruche et le Lot, où il acquiert, restaure et peint à fresque la Chapelle de Maraden pendant six ans (1996-2002).
    Bokor peint les chutes de l’Histoire, les chemins du peuple juif des origines, jusqu’à l’horreur indicible des camps nazis. Il crée pour cela des silhouettes très denses, nues, qui appellent, hurlent, crient, mais ne peuvent visiblement échapper au sort qui les attend.
  • Votes en cours jusqu’au 19 avril. A l’issue du vote, la Fondation du Patrimoine apportera 15 000€ pour le projet gagnant, 10 000€ pour le deuxième et 5 000€ pour le troisième.




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