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Les artistes en grève: une couverture de survie en guise d’étendard

 

Petit à petit, certains artistes ont décidé de rejoindre les rangs de ceux qui font grève pour protester contre la réforme des retraites.

Les revendications des artistes sont plus diffuses, et ne se structurent que depuis janvier, mais leur présence est en tout cas bien visible. Ils ont pris pour symbole de leur condition un objet jaune, mais d’un jaune différent des gilets des manifestants: les couvertures de survie qui, brandies en étendard, donnent des reflets dorés, brillants et très vite identifiables. 

Suite à un premier mouvement parti de Caen, et vite intitulé Art en grève, les artistes toulousains ont emboîté le pas en décembre. Un groupe s’est créé et a ouvert rapidement sa page Facebook le 5 décembre. Il a commencé par mener des actions à la fois artistiques et revendicatives en procédant à des ateliers de panneaux et de slogans accueillis au centre d’art BBB, tout en reconnaissant que les revendications n’étaient pas dans leur cas liées spécifiquement à la réforme des retraites.

Explications sur la page facebook: “Artistes et travailleurs précarisés de la culture, nous sommes toujours seuls, sans cortège, isolés dans notre condition, avec nos problèmes, nos angoisses, nos rêves aussi. Nous voyons les autres travailleurs défiler, coordonnés, solidaires, soudés. Cette absence de corps fait de nous des fantômes. Nous n’existons pas socialement.
Notre histoire, dans le temps des avant-gardes, est parcourue par les notions de collectif, de groupe, de mouvement, mais la période contemporaine nous en a éloigné, nous laissant pour seul horizon un individualisme forcené. Nous nous sommes isolés les uns des autres et nous avons suffisamment de recul aujourd’hui pour dire que cette position de retrait ne nous a ni grandi, ni fait progresser. Nous avons renié notre histoire, sans nous en rendre compte.
Il est peut-être temps de nous ressourcer à cette aventure collective, de modéliser de nouvelles possibilités d’action, en renonçant à  cette insularité sociale qui nous rend malheureux.
Nous nous confrontons quotidiennement à des difficultés pesantes. Nous devons aligner des compétences de plus en plus pointues pour développer nos activités et nous ne pouvons plus le faire seuls. Nous avons besoin les uns des autres. Autant se l’avouer une bonne fois pour toutes.
Nous désirons inventer des complémentarités nouvelles entre nous, en retrouvant la logique du mouvement, son énergie, sa joie, sa positivité. Nous avons épuisé notre propre expérience de la marge. Il nous faut revenir sur le devant de la scène sociale, faire vivre, au profit de tous, l’idée de culture et la nécessité de création”.

Un autre groupe s’est ensuite créé à Montpellier mi-janvier.

Les débats déjà menés au sein de ces groupes portent pour l’instant principalement sur le statut de l’artiste, et à Toulouse, visent à interpeller les candidats aux municipales sur la condition des artistes dans la société.

 

photo parue sur la page FB Art en grève Occitanie
photo publiée sur la page FB ARt en grève Occitanie.
Atelier de pancartes au BBB, Toulouse

 

Les artistes à l’Urssaf…

En parallèle, les artistes inscrits à la Maison des Artistes doivent faire face à un changement important, puisqu’ils doivent maintenant régler leurs cotisations à l’URSSAF, mais cette intégration connaît dès le démarrage des ratés important, obligeant la maison des artistes à faire un petit récapitulatif et état des lieux de ce dossier….
A découvrir ici.