Le peintre Hassan Musa (Domessargues, Gard) en résidence pour trois mois à la Cité des Arts à Paris
Le peintre Hassan Musa, franco-soudanais qui vit à Domessargues (Gard) est actuellement et jusqu’à fin novembre, en résidence à la cité des arts à Paris, dans un immeuble dédié à des résidences artistiques, sur la Butte Montmartre. Il a été sélectionné dans le cadre du programme Art Explora qui a retenu une quarantaine de dossiers sur plus d’un millier de candidatures.
Dans l’atelier mis à sa disposition, l’artiste poursuit une série entamée quelques années plus tôt, qui portent sur la complexité des liens entre les cultures. Il a poursuivi une série sur les Indiens d’Amérique et a entre autre commencé une œuvre, Nymphéas de Lampedusa, représentant des naufragés qui essaient de survivre au milieu d’un bassin de nymphéas, une façon pour Hassan de rendre visibles tous ces migrants qui se noient en Méditerranée, en tentant de rejoindre l’Europe, dans l’indifférence générale. “Une vision qui renvoie évidemment à l’univers d’un peintre phare de l’école impressionniste française”, précise l’artiste. Sur la toile, les naufragés sanglés dans leurs gilets oranges sont entourés de noms d’artistes étrangers que la France a accueillis à d’autres époques: Amedeo Modlgliani, Zao Wou Ki, Pablo Picasso, Arroyo, Brancusi, Marc Chagall, Joan Mitchell, Edvard Munch, Niki de Saint-Phalle, etc.
Une manière de rappeler que ces migrants sont des être humains qui cherchent refuge dans un pays vivable et sûr, pour réaliser des projets de vie avec leurs talents, leur intelligence et leur créativité.
Art Explora est une fondation reconnue d’intérêt public depuis 2023, créée par le mécène Frédéric Jousset. Elle mobilise déjà plus de 1600 bénévoles. Elle a lancé en 2021 ce programme en partenariat avec la Cité internationale des arts. Chaque année cette résidence accueille environ 20 candidats. Pour cette deuxième session, la candidature d’Hassan Musa a été retenue parmi un total de 4716 candidatures sur l’appel de 2024. Il a été sélectionné au même titre que des artistes venant d’Albanie, d’Allemagne, d’Arabie Saoudite, du Bangladesh, du Brésil, du Bénin, de Chine, d’Espagne, d’Iran, du Royaume-Uni, et de Suisse.
Hassan Musa est né à El-Nuhud, au Soudan, et vit actuellement dans le Gard. Dans sa ville natale, il devient « le dessinateur de l’école », et est poussé par ses professeurs à s’inscrire aux Beaux-Arts à Khartoum. En 1978, l’évolution politique le pousse à s’exiler en France.
Prof d’arabe, prof d’arts plastiques, illustrateur de livres, il ne cesse néanmoins jamais de peindre, estimant même que la période est porteuse pour un artiste comme lui : « Les galeries ne s’intéressaient alors qu’à l’art conceptuel et négligeaient la peinture. Cela m’a permis de peindre en toute liberté ». Marié à une française en 1980, il obtient la nationalité française en 1990. Il continue son travail d’artiste, suivi par Jean-Hubert Martin, figure importante de l’art extra-européen, qui a entre autres dirigé le Musée National d’art moderne de la ville de Paris.
C’est lui qui propose à l’artiste de participer à l’exposition Africa Remix au Centre Pompidou en 2004. Musa y expose « Great American Nude » représentant Ben Laden inspiré par une toile de François Boucher. L’œuvre fait sensation et lance réellement la carrière de l’artiste.
Depuis, il expose et intervient régulièrement en France et à l’étranger (Grande-Bretagne, Etats-Unis, Chine, Soudan, etc).
Dans la région, il a peu exposé (en galerie à Nîmes – Galerie Philippe Pannetier, 2006- et Montpellier –Galerie ETC, 2006- et au musée PAB à Alès, en 1993). En revanche, il continue, malgré sa carrière maintenant internationale, à intervenir très volontiers auprès des publics scolaires et dans des manifestations culturelles, dans son entourage.
Il est représenté en permanence par la galerie Maïa Müller, à Paris.




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