Disparition
Décès de l’artiste sétois Stephan Biascamano
La tribu Biascamano a perdu cet été un inventeur de génie, capable de créer des mondes dans des capsules de sous-marins.
Stephan ne pourra plus créer dans l’appartement où travaille également son frère Aldo, jamais très loin de leur sœur Patricia. Le Musée International des Arts Modestes (le MIAM) de Sète avait consacré une exposition au trio en 2002, Les Biascamano, une famille d’artistes de Sète.
Ci-dessous, extrait du texte rédigé par Anne Devailly et publié dans le livre 60 artistes de Sète, juin 2025.
Né à Sète, Stéphan Biascamano grandit entre la mer et les histoires qu’il s’invente. Après un passage par le théâtre à Paris, il revient dans sa ville natale et crée des sous-marins miniatures peuplés de personnages, mêlant sculpture et narration. Son univers, soutenu par Hervé di Rosa, est aujourd’hui exposé dans plusieurs musées.
Stéphan Biascamano construit des sous-marins pour y faire vivre des personnages. Les œuvres sont parfois petites, les hublots pas toujours bien éclairés, alors l’artiste aide le spectateur: devant chaque œuvre, une petite lampe à disposition.
Celui qui le souhaite peut donc prendre la lampe et regarder par le hublot: ici, Frank Zappa et ses amis, là, un héros d’une bande dessinée italienne que lisait l’artiste enfant, encore plus loin une scène en hommage à Jean Vilar, qui réunit entre autre l’homme de théâtre natif de Sète et son acteur fétiche, Gérard Philipe. Mais l’artiste facétieux a aussi fait un sous- marin ou les marins avaient invité des femmes à bord pour se donner du bon temps. Et le souvenir l’amuse encore: “J’ai exposé l’œuvre à New-York. J’ai vu un monsieur prendre la lampe pour regarder par le hublot. Quand il a vu une scène de kamasutra, il a vite reposé la lampe!”
Ce travail insolite et empli de fantaisie est le fruit de tout un parcours qui remonte à l’enfance, comme c’est le cas pour son frère Aldo, également artiste. Stéphan se souvient lui aussi des mois passés sur la plage à dormir dans une cabane en bois construitepar leur père pêcheur, mais il se souvient aussi d’une enfance marquée par l’asthme qui lui interdisait certaines activités. Alors, au lieu de jouer au foot, il s’inventait des histoires ou dessinait sur les draps, avant que sa mère ne lui achète un cahier…
Il s’ennuie à l’école, finit par faire une chanson qui lui vaudra d’être viré. Il devient alors électromécanicien avant de se découvrir une vraie vocation pour le théâtre, qu’il travaille à Sète avant d’en vivre pendant cinq ans à Paris. L’artiste sait raconter des histoires, aime écrire ou jouer, réalise des films. Mais au bout de cinq ans, il choisit de retrouver Sète, et décide du même coup de retrouver aussi une activité artistique mais où il peut travailler de ses mains. (…)
- Je suis fière d’avoir pu rencontrer Stephan, qui m’avait accordé sa confiance et permis ainsi de présenter son travail dans un livre réalisé pour la ville de Sète et qui présentait soixante artistes du territoire. Livre disponible auprès du service communication de la Ville de Sète. A son frère et sa sœur mais aussi à tous ses amis sétois, Artistes Occitanie présente ses condoléances.
Anne Devailly






