A Saint Antonin Noble-Val (82), vol et destruction d’oeuvres:  Et de deux pour Stephane Wootha Richard

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A Saint Antonin Noble-Val (82), vol et destruction d’oeuvres:  Et de deux pour Stephane Wootha Richard

crédit: Stephane Wootha Richard


Depuis deux mois, Stéphane Wootha-Richard crée des visages en argile qui semblent sortir des murs de Saint Antonin-Noble-Val. A chaque fois, il choisit un endroit où le mur possède des aspérités qui lui permettent d’y intégrer une boule d’argile, point de départ de l’œuvre à venir. Régulièrement, il rend compte de son travail sur son site, Semiostalgia.com, en accompagnant chaque création d’un texte tout aussi créatif.
La semaine dernière, l’artiste se promenait dans les rues de Saint Antonin pour découvrir une de ses œuvres vandalisée à coup de poing et pied.
Cette semaine, toujours à pied dans sa ville, il constate cette fois-ci qu’une de ses pièces a été volée. “Je l’ai constaté aujourd’hui en passant dans la ruelle. J’étais passé avant hier, elle était en place”.

Début mai, l’artiste nous disait qu’il reconnaissait volontiers que ses œuvres allaient probablement subir des détériorations, qu’elles proviennent de l’homme ou des intempéries, voire de l’usure du temps tout simplement. Mais en acceptait le principe et était décidé à poursuivre ce « travail » pour le plus grand plaisir des habitants de Saint Antonin.

Mais ce vol, après la destruction, le rend évidemment amer. Il s’agit d’une pièce  qui avait fait l’objet d’une interview de 45 minutes sur Radio Asso courant mai et où l’artiste avait décrit son emplacement exact.
« C’était, je crois, l’une de mes œuvres les plus engagées émotionnellement : deux mains jaillissant du mur pour saisir un visage, traduisant l’angoisse et la peur d’être absorbé par le mur et la folie.

J’avoue volontiers que, même si je m’étais préparé en théorie tant au vandalisme qu’au vol, être confronté coup sur coup à ces deux faces de la disparition en si peu de temps a été dur.
Je défends que mes pièces sont faites pour s’effacer, l’érosion lente des intempéries est inscrite dans leur matière même et c’est ce processus que je souhaite partager avec la rue. Mais il y a là deux autres disparitions, brutales et humaines : la destruction et désormais l’appropriation.
J’avais déjà connu de petits actes de vandalisme, souvent les yeux, la bouche ou le nez effacés, mais toujours sur la matière encore fraîche et rien qui ne m’empêchait de reprendre et d’achever le travail. Cette fois, la pièce a été proprement retirée du mur, le vieux piton natif du mur arraché, seuls quelques débris du pourtour et le cartel gisaient au sol.
Quelle qu’ait été l’intention, il s’agit d’un vol d’œuvre d’art. Et l’on ne force pas un ancrage pour emporter de l’argile crue et sans aucune valeur marchande par hasard : je crois qu’il faut avoir voulu cette image précise et pas une autre. C’est une perte pour l’espace public auquel ces pièces sont données à vivre leur cycle, pour la commune et les habitants qui les accueillent et les soutiennent.
Le cartel, lui, finira peut-être dans son propre tombeau d’acier, trace futile d’un temps qui l’est tout autant”.

  • Stéphane Wootha Richard a travaillé plus de quinze ans dans le cinéma, en tant que freelance pour de nombreux studios dans le monde, parfois comme directeur artistique, mais majoritairement comme concept artiste en phase préliminaire de développement visuel.
  • L’oeuvre qui a été volée. Crédit: Stephane Wootha Richard


     

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