Mona Young-eun Kim investit le Pavillon Populaire avec une exposition audacieuse qui confronte archives médicales, intelligence artificielle et créations artistiques innovantes
Mona Young-eun Kim signe au Pavillon Populaire une exposition qui transforme l’héritage médical montpelliérain en récit d’anticipation, entre archives savantes et fictions générées par l’intelligence artificielle. Inspirée par les exceptionnelles collections liées à l’enseignement de la médecine, du Moyen Age au XIXe siècle, l’artiste imagine des vestiges archéologiques venus d’un futur où la mémoire du monde se serait déplacée des bibliothèques vers des systèmes algorithmiques.
Fac-similés d’ouvrages, reproductions d’archives, vitraux, sculptures en verre et en résine dialoguent avec des images produites par l’IA, dans un parcours qui se lit comme une fouille spéculative des croyances scientifiques et technologiques.

Le titre, La prophétie est une mémoire, la croyance est synthétique, annonce ce glissement du passé vers le futur. Une pièce sonore réinterprétant le Chansonnier de Montpellier fait résonner la tradition manuscrite avec la voix des machines, tandis que la vidéo « La croyance est synthétique » interroge nos nouvelles dévotions envers le progrès, la croissance et la technologie.
Les mécanismes opaques d’indexation, les erreurs et approximations produites par les IA n’empêchent pas ces systèmes de devenir des réservoirs de conservation, de traitement et de production de mémoire, au même titre que les grandes bibliothèques qui ont façonné l’histoire du savoir.

En toile de fond, l’exposition célèbre une spécificité montpelliéraine : une tradition médicale ouverte aux savoirs méditerranéens, structurée dès 1220, dont les collections documentaires publiques et privées témoignent aujourd’hui encore de la vitalité. Ces fonds, conservés sur un même territoire, racontent la continuité de l’institution, la vie sociale d’une communauté professionnelle et sa volonté de transmettre au monde un patrimoine scientifique en constante relecture.
En faisant dialoguer ces archives avec l’univers spéculatif Plasticus, où l’humanité se trouve transformée par l’ingestion de plastique jusqu’à sacraliser cette matière, Mona Young-eun Kim renverse la perspective : ce ne sont plus seulement les médecins qui observent le corps, mais la matière et les données qui redessinent nos croyances.
Née en Corée du Sud, diplômée en philosophie et cinéma à l’Université Dongguk de Séoul et du MO.CO. ESBA Montpellier, Mona Young-eun Kim développe une pratique à la croisée du numérique et du matériel, nourrie par des résidences et expositions en France et à l’international.
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