Romain Thiery, de retour de Pologne avant le Chili et un festival en Italie…

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Romain Thiery, de retour de Pologne avant le Chili et un festival en Italie…

Un entretien avec un artiste globe-trotter

Pianiste amateur, photographe professionnel, il sillonne l’Europe et le Monde depuis seize ans pour retrouver les pianos que l’on a laissés derrière soi. De retour de Pologne, il revient sur ses dernières expositions et dévoile un agenda chargé.

« Pianiste amateur, précise-t-il d’emblée, parce que dans le monde du piano, dire pianiste, c’est dire professionnel. » Romain Thiery a pourtant dix-sept ans de piano derrière lui, commencés à cinq ans. Aujourd’hui, il joue « pour lui ». Son métier, c’est la photographie, et le piano en reste le sujet unique : ceux qu’il traque dans des demeures, des chapelles ou des palais à l’abandon.

Lorsqu’il pénètre dans un lieu, c’est l’artiste photographe qui prend le dessus. « Les deux vont se mélanger, mais au départ, ce sera plus sur la photographie. » Le piano le fascine toujours. Il visite les showrooms des grandes maisons, de Bechstein à d’autres, et ne ressent aucun attrait pour un autre instrument : « Le piano, c’est mon instrument. »

Romain Thiery lors de son exposition à l’abbaye de Vallemagne, mai-octobre 2026 ©Jean-Luc Bachino

Chaque instrument découvert est aussi enregistré, note par note, même quand il n’en reste que deux qui sonnent. Ces sons sont désormais intégrés aux œuvres : des boutons discrets, placés dans les cadres, déclenchent des résonateurs. Il tient pourtant à la discrétion. « J’ai envie que d’abord on découvre, et qu’après on se dise : tiens, il y a le son. » Le visiteur refait ainsi le geste de l’artiste.

Sa signature : la lumière naturelle, toujours extérieure. « Si le piano était installé là, ce n’est pas pour rien. C’était l’âme du lieu. » Il attend donc que le soleil frappe l’instrument, convaincu que les ouvertures ont été pensées pour cela. « À moi d’être patient et de capter ce moment-là. »

Son dernier périple l’a mené dans l’ouest de la Pologne, puis en Allemagne, en Saxe autour de Dresde, et de l’autre côté de la frontière tchèque. Il y retourne régulièrement : « Ce sont des pays où il y a un noyau du piano, la culture est là. » À Dresde, la grande bourgeoisie possédait de nombreux pianos, et la maison Bechstein y a pris racine.

Romain Thiery – Voyage en Pologne, Allemagne et Tchéquie – 2026 © Romain Thiery

En République tchèque, il a découvert un piano dans une chapelle abandonnée, gardée par un vieil homme du hameau. « Il m’a laissé les clés : « Vous faites ce que vous voulez, Romain. » » Balcons de bois, silence, sérénité : « Dans ces lieux religieux, on se sent plutôt bien. » C’était son premier piano trouvé en Tchéquie.

Candidat au prix Michel-Ange Buenarroti 2026 à Cardoso – Stazzema (Toscane, Italie), il été sélectionné pour la 9e édition de ce prix international qui se déroulera du 1er au 22 novembre. Une photo prise en Toscane, “Requiem pour pianos 138”, a été retenue, photo où tout est fresque en trompe-l’œil : « Quand tu la regardes, tu sais où tu es. » L’Italie reste difficile pour un photographe, la sculpture y régnant en maître. Ce concours lui permet d’y « mettre un pied ». Peut-être avec un prix à la clé…

Romain Thiery, Requiem pour pianos 138, Italie © Romain Thiery

Son regard sur le déclin du patrimoine, il l’a découvert grâce aux autres. « Ce n’était pas ma vocation. Ce sont les gens qui m’en parlent, et je me dis : en fait, je participe à ça à ma manière. » Ce regard des visiteurs nourrit sa démarche : « C’est ça qui permet de voir des choses que tu n’avais pas prévues. »

Fidèle depuis presque l’origine à Solid’Art, qu’il fait chaque année à Paris, Lille et Montpellier, il en loue l’ambiance et l’organisation « sans faille ». Au profit du Secours populaire, le salon touche « un public qui ne va pas voir les expositions ».

Il a aussi exposé à Lourmarin, dans le Lubéron, lors d’un petit festival de trois jours, le New Art Festival. La région, il la connaît depuis 2021 et son exposition au festival de piano de La Roque-d’Anthéron, « la meilleure de ma vie pour l’instant ». Sa clientèle, souvent américaine, y « réfléchit moins quand ça lui plaît ». Les amateurs de piano apprécient sa démarche : « Ils trouvent génial de dévouer sa vie au piano d’une autre manière, pas en tant que musicien. »

À Montpellier, il fera sa première exposition à la salle Saint Ravy: “Une belle salle dans laquelle je suis très content d’exposer du 16 décembre au 17 janvier”.

Les autres rendez-vous :
Chili : Centro Cultural Estación Mapocho, à Santiago, du 12 décembre au 4 janvier
Émirats arabes unis: Ras Al Khaimah Art Festival, du 22 janvier au 14 février
Hongrie : Institut français de Budapest, en avril, dates à préciser
Suède : The Photo Gallery, à Halmstad, qui le représente pour trois ans
Et en galerie: Jouve Brown à Uzés qui le représente et sa propre galerie de Pézenas.

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