Rencontre avec … Amélie Bimont

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Rencontre avec …

Amélie Bimont (Toulouse)

La poésie du cadrage, l’empreinte du rock et le regard au féminin

Artiste peintre et dessinatrice à la démarche résolument instinctive, Amélie Bimont déploie un univers pictural intime et puissant, marqué par l’esthétique du cinéma, l’énergie de la pop culture et la contemplation mélancolique.

Journaliste œnologue, Amélie Bimont allie son expertise technique du vin, perçu comme un vecteur de convivialité, à une démarche créative personnelle. A l’âge de 39 ans, lors de ses études en œnologie, le besoin d’exprimer sa créativité l’a amenée à renouer avec le dessin. Cette pratique s’est ensuite enrichie de l’aquarelle puis de la peinture à l’huile. Elle perfectionne aujourd’hui sa pratique artistique à l’Atelier-Galerie L’Imagerie à Toulouse, où elle se forme au modèle vivant et à la peinture.

La place de la femme

Si l’œuvre d’Amélie Bimont place la femme en son centre, c’est avant tout par un élan spontané. En écho au septième art, qui offre des récits où les femmes reprennent le contrôle de leur propre histoire, Amélie Bimont adopte une posture affirmée, redonnant de la visibilité à des figures féminines fortes, complexes et autonomes.

Amélie Bimont, La nuit je mens, Fusain – 20x20cm

L’imaginaire d’Amélie Bimont se nourrit de multiples canaux visuels et sonores.

Le cinéma et la photographie : marquée par des scènes de films gravées dans sa mémoire — mais aussi dans l’imaginaire collectif —, elle applique à la peinture à l’huile des cadrages singuliers, audacieux, souvent axés sur l’hors-champ. Les sujets naissent de photographies, de films et d’instants suspendus, une scène va ainsi passer du statut d’arrêt sur image à celui de peinture. Les cadrages rapprochés coupent délibérément une partie de la scène. Laissant ainsi au spectateur le loisir d’imaginer (ou se souvenir ) du reste. Son travail sur la composition et la lumière puise également ses racines dans l’œuvre de l’artiste peintre François Bard.

L’esprit d’Edward Hopper : revendiquant l’influence du maître américain, elle cherche à composer des ambiances silencieuses et mélancoliques, incitant le spectateur à une pause introspective.

La musique rock et la Pop Culture : travaillant quasi systématiquement en musique, elle privilégie le rock des années 70 et 80, qu’elle admire pour son authenticité et son lien direct avec le public. Les titres de ses œuvres sont issus de chansons comme I’d love to change the world de Ten Years After. Les objets du quotidien ancrés dans la mémoire collective parsèment ses projets, à l’instar d’une toile majeure primée la représentant en tailleur, cadrée au niveau de ses chaussures Converse. Parmi ses projets à venir, elle explore de nouvelles associations entre musique et peinture, imaginant une paire de Doc Martens posée sur un ampli ou les pieds d’un guitariste auprès de ses pédales wah-wah.

Amelie Bimont, I’d love to change the world

Son parcours artistique s’est enrichi de rencontres et d’expérimentations techniques qui fortifient sa liberté de création.

L’étape des Urban Sketchers : sa participation aux rassemblements de ces carnettistes modernes a constitué une passerelle clé, créant un lien organique entre la spontanéité de l’aquarelle et la rigueur de la peinture à l’huile.
L’expérimentation du fusain : technique apprivoisée plus récemment, le fusain est devenu son compagnon de voyage privilégié. Très mobile, il lui permet de dessiner dans ses moments de répit. Elle développe sur papier aquarelle une technique mixte unique — associant poudre de fusain, eau et pinceau — pour obtenir des noirs d’une profondeur absolue.

Installée dans l’écosystème artistique toulousain, Amélie Bimont multiplie les engagements collectifs et caritatifs, s’investissant, par exemple, fidèlement dans la manifestation Le 111 des Arts à Toulouse (au profit de la recherche contre le cancer pédiatrique de l’hôpital Purpan).

Sans jamais peindre pour complaire, Amélie Bimont place le sens du partage au sommet de ses priorités. Pour elle, savoir qu’un spectateur s’arrête ne serait-ce que trente secondes devant une toile pour s’interroger, ressentir ou échanger sur la couleur constitue la plus belle des récompenses.

Elle a obtenu, au cours de l’été 2026, le Grand Prix de la Biennale Européenne d’Art Contemporain, organisée par la Galerie Daniel Vignal, à Vabre (Tarn). Son œuvre intitulée I’d love to change the world par le groupe Ten Years After (1971), lui a valu de remporter le Premier Prix à l’unanimité. Cette reconnaissance majeure a agi comme une étape décisive, venant balayer les doutes et confirmer la justesse de sa trajectoire.

L’artiste prépare actuellement de nouvelles toiles pour ses expositions à venir aux Minimes à Toulouse ainsi qu’à la Galerie Daniel Vignal à Vabre.

Prochains rendez-vous
Du 5 au 15 novembre 2026 – Exposition collective Les 111 des Arts – Chapelle de l’Hôtel-Dieu, Toulouse.
Janvier 2027 – Exposition personnelle – Centre Culturel des Minimes, Toulouse.
Mars – Avril 2027 – Exposition – Galerie Daniel Vignal, Vabre (Tarn)

Site web de l’artiste

Daniel Vignal nous a livré quelques mots sur cette 4e Biennale ainsi que sur la toile d’Amélie Bimont :

« Le jury de la 4e Biennale Européenne d’Art Contemporain organisé par la Galerie Daniel Vignal, a décerné le Grand Prix à Amélie Bimont à l’unanimité et ce, pour diverses raisons : la fraîcheur de l’œuvre, le rapport entre le titre : « I’d love to change the world / J’aimerais changer le monde » et l’image : le corps d’une femme sans tête, assise par terre, en jeans et baskets, en compagnie d’un ballon de vin rouge, l’utilisation de l’huile sur toile (de plus en plus rare) et la jeunesse de l’artiste.

L’exposition des œuvres primées, en juillet et en août 2026, a été quelque peu perturbée par les épisodes caniculaires mais a cependant connu un franc succès.

D’autres pièces sélectionnées ont été fort appréciées comme le livre d’artiste de la graveuse Marjon Mudde « Par-dessus les murs » (avec des poèmes de Fouad Laroui), la sculpture en grès émaillé de Lamia Maître « An-crées », la gravure « Effet de neige sur le quai de Montebello » (d’après une toile impressionniste de Frank Boggs) par Christian Nouyrigat, ou la peinture acrylique sur toile d’Alice Eyidi « Métanoïa ». »

Daniel Vignal

Amelie Bimont, Vue d’atelier, œuvre: I’d love to change the world
Amelie Bimont

 

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