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Route du Rhum : Nicolas Rougier repart avec la voile-œuvre d’Hervé Di Rosa
À la veille du départ de Saint-Malo, le skipper sétois aborde la course sur un bateau tout neuf pour lui, après une longue série d’épreuves. Son responsable communication, Bastien Hug-Fouché, fait le point.
C’est une préparation « express » que vit Nicolas Rougier avant de s’élancer, dimanche, dans la Route du Rhum. Le navigateur a changé de bateau au dernier moment, et la raison tient en une mésaventure que son entourage n’a pas oubliée.

Après sa première Route du Rhum, en 2022, Nicolas Rougier ramène son monocoque en France, avec le Vendée Globe 2024 en ligne de mire. Début 2023, lors d’une opération de mise à terre, le voilier chute d’environ cinq mètres. « Il s’est complètement éventré », raconte Bastien Hug-Fouché. L’affaire est aujourd’hui « entre les mains de la justice », et le projet vendéen s’arrête net.
Le skipper ne renonce pas pour autant. Pour garder vivante l’aventure, et ses partenaires, parmi lesquels le groupe IAM, parrain du bateau, il entreprend l’ascension des plus hauts sommets de chaque continent. Dans le même temps, il relance le projet et cherche de nouveaux soutiens.
L’un de ces soutiens est de poids : Michel Desjoyeaux. Face au coût incertain d’une remise en état, le double vainqueur du Vendée Globe conseille de repartir sur un autre bateau. L’occasion se présente tardivement : racheter le bateau de Guirec Soudée, ancien Imoca d’Alex Thomson, qui a déjà fait plusieurs tours du monde et remporté plusieurs courses.
Fidèle à son engagement avec Hervé di Rosa, un « René », personnage emblématique de l’artiste sétois, a été reproduit sur la coque et la voile de son IMOCA baptisé « Demain c‘est loin » en référence au célèbre titre d’IAM.
Qualifié au dernier moment, quasiment lors de l’ouverture du village de la Route du Rhum 2026, il ne s’agit pas, cette fois, de viser le podium, mais de terminer la course, ramener le bateau en bon état et apprendre à le connaître. Ce voilier à dérive droite, « puissant, dur, violent, exigeant », affronte des bateaux armés de foilers conçus pour le sprint. La course est donc une étape avant la Transat Café de l’Or (ex Transat Jacques Vabre) en 2027 et le Vendée Globe en 2028.
La grand-voile porte l’un des « René » d’Hervé Di Rosa, numérisé puis imprimé sur la voile. Il n’y a pas eu d’œuvre spécifique pour cette course, mais le dispositif, lui, reste unique : une toile qui doit faire le tour du monde et qui sert aussi d’outil de financement. La voile originale a été découpée en carrés de un mètre sur un mètre, vendus à l’unité depuis 2022. Beaucoup ont déjà trouvé preneur, d’autres restent stockés au musée Paul Valéry à Sète, ou ont rejoint les bureaux d’acheteurs.
L’idée séduit parce qu’elle prévoit un diptyque : un morceau de toile, un morceau de voile. Et Bastien Hug-Fouché y voit une différence avec le sponsoring classique : la cote d’Hervé Di Rosa « est susceptible d’évoluer », ce qui rend le modèle intéressant pour l’acquéreur.
La rencontre entre les deux hommes a eu lieu à Sète, par des amis communs : l’artiste est un proche des parents du skipper. Nicolas Rougier est allé le voir pour lui dire son admiration: “J’ai une vraie sensibilité par rapport à vos œuvres. Je pense qu’il y aurait quelque chose à faire sur un projet autour de la voile. Qu’est-ce qu’on pourrait faire? ». Hervé Di Rosa a répondu qu’il ne pouvait pas aider financièrement, mais qu’il pouvait créer une toile dont le skipper ferait quelque chose. Le projet s’est monté « de manière très naturelle, très simple ».
Bastien Hug-Fouché appuie pour conclure: « Et de plus, ça a généré aussi cette idée de se dire que ce serait la première toile qui ferait le tour du monde, qui ferait le tour du monde à la voile de cette manière-là.”
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