A Toulouse, le plasticien Damien Aspe prisonnier dans une cage de 4 m2

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A Toulouse, le plasticien Damien Aspe s’encage et prépare son procès contre les Gafam

 

Au cœur de Toulouse, un artiste habillé de la tenue orange des prisonniers américains, reste enfermé dans une cage grillagée de 4 m² installée derrière la vitrine de la galerie Inessential Space, place de la Daurade.

Le “prisonnier” apparaît ainsi derrière les barreaux depuis le 27 avril et doit tenir jusqu’au 27 mai, date du procès qu’il intente aux Gafam américains.

Il ne s’agit “que” d’une performance artistique du plasticien toulousain Damien Aspe. Mais une performance qui permet à l’artiste d’interpeller le grand public sur les fonctionnements et dysfonctionnements des réseaux et plus généralement de tout ce qui se passe “on line” depuis que l’intelligence artificielle est arrivée. Pour Damien Aspe, “le pouvoir exponentiel de l’industrie du numérique engendre progressivement la fin des droits d’auteur et ira jusqu’à l’aliénation des créateurs et des individus”.

L’artiste sait de quoi il parle: à l’origine de cette aventure, une image qu’il crée avec l’aide de l’intelligence artificielle, en s’inspirant d’une des œuvres les plus célèbres de Delacroix, La liberté guidant le peuple. L’artiste veut publier la création, mais l’œuvre est censurée à la fois pour nudité et représentation de personnalités politiques.

A partir de là, l’artiste imagine la suite: il est emprisonné, il intente un procès aux Gafam, qui se tiendra un mois plus tard, soit le 27 mai au tribunal de Toulouse. Les autorités américaines demandent alors à la France d’extrader l’artiste.

Tout cela est fictif, mais dans une mise en scène soignée qui permet au public de se poser les questions, et d’imaginer éventuellement jusqu’où pourraient aller les dérives d’une intelligence artificielle qui censure sur des critères obscurs et qui par ailleurs pille les données – texte et images -sans aucun souci de reconnaître de droit à quiconque.

D’ores et déjà, l’action a des répercussions: l’artiste remercie sur sa page Facebook tous ces “Messages, sms, courrier postal, livres, images, Polaroid…merci pour tous ces témoignages de soutiens, d’inconnus et de personnes familières”. Sans oublier les oranges qu’une autre personne lui a fait passer, comme il était d’usage de le faire quelques décennies en arrière.

L’artiste et son équipe continuent à peaufiner le scénario pour les deux semaines qui restent: l’artiste propose ainsi des “parloirs publics” les samedis 16 et 23 mai.
A suivre sur la page Facebook de l’artiste.

  • Né en 1973 à Toulouse, Damien Aspe vit et travaille entre Toulouse et Paris. Son travail a été présenté au China Museum of Digital Arts (Pékin), à la K11 Art Foundation (Hong-Kong), à la Gaîté Lyrique (Paris), au Centre Pompidou, aux Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse, ou encore au Mamco (Genève).
crédit: Damien Aspe – FB.

 



 

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