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A Bagnères-de-Bigorre, premier bilan pour Emb’ark, un des seuls programmes de soutien aux artistes en zone rurale dans la région

A Bagnères-de-Bigorre, l’équipe en charge du programme Emb’ark a fait le bilan de la première édition de ce programme, l’un des rares programmes de soutien aux artistes en zone rurale dans la région.
Ce programme, soutenu par l’ADAGP et la région, a pu voir le jour dans le cadre d’une initiative visant à développer l’activité des tiers-lieux. Ce sont donc trois tiers-lieux dans les Hautes-Pyrénées, à Bagnères, Lourdes et Ibos, qui ont conçu ensemble et proposé Emb’ark.
Ce parcours a rassemblé en 2025 huit artistes habitant ou ayant leur activité artistique sur le territoire. Ces artistes aux pratiques variées (photographie, sculpture, peinture, dessin, etc.), ont été accompagnés afin de professionnaliser leur parcours. Pendant huit mois, les participant·e·s ont été accompagné.e.s pour mieux connaître l’écosystème artistique, apprendre à valoriser leurs travaux et maîtriser les leviers économiques d’une pratique professionnelle. “Chaque artiste a également été accompagné·e pour constituer au moins un dossier de candidature, afin de s’exercer sur la note d’intention, le calendrier prévisionnel, le budget prévisionnel”, précise la chargée de mission Louise de Lamballerie.
Ce bilan permet de mettre en avant des artistes qui travaillent dans des zones éloignées des grandes agglomérations où se trouvent les maillons essentiels des réseaux artistiques.
A nouveau, huit artistes vont rejoindre un parcours collectif et individualisé de septembre 2026 à mars 2027.
➤ Amélie Saavedra: née en 1972 à Paris, Amélie Saavedra, d’origine franco-argentine, d est diplômée de l’École Supérieure d’Art et de Design de Pau, et choisit de s’ancrer dans ce territoire marqué par la culture occitane, dont elle observe les dynamiques sociales et les imaginaires collectifs. Depuis 2020, elle vit et travaille à Bagnères-de-Bigorre. Elle a d’abord orienté son travail vers l’édition et la vidéo, développant une écriture visuelle attentive aux micro-récits et à la performativité du texte et déplace aujourd’hui sa pratique vers le dessin, la peinture et le travail de la terre
➤ Gérald Scaramela: après plus de vingt ans dans le spectacle vivant (monteur de scènes, machiniste, artificier), il découvre le travail du métal, auquel il se consacre pleinement à partir de 2012. Il complète sa pratique autodidacte par une formation de chaudronnerie aéronautique en 2016. Il développe aujourd’hui un travail mêlant sculpture, scénographie immersive et expérimentation matière. Il y intègre le feu, les effets spéciaux, les jeux de lumière.
➤ Marie-Cécile Garrigos. Née en 1983 à Angoulême, cette plasticienne, diplômée en 2004 de l’Isdat (Toulouse), se forme ensuite à une pratique de la gouache et peint les formes du vivant notamment d’après le patrimoine naturel et culturel de moyenne montagne. En 2020, ces toiles sont présentées dans le cadre d’une exposition itinérante chez l’habitant puis au festival « L’art s’invite à Magrie » en 2024.
➤ Née en 2000, Louna Thille passe un bac professionnel agricole CGEA et consacre un an aux voyages ainsi qu’à divers stages (menuiserie, soudure, technicien auto puis moto, élevage de chiens du Groenland en Norvège). Elle obtient ensuite son DNA puis son DNSEP à l’École supérieure d’art et de design des Pyrénées en 2024. Peintre, poète, performeuse et vidéaste, son travail explore la catharsis : la manière de la vivre et de la transmettre. Il aborde également l’enfermement, à travers des personnages souvent torturés, écrasés par le format, et des oiseaux qui ne volent pas.
➤ Margot Chamberlin. Née en 1991 à Saint-Étienne, Margot Chamberlin est une artiste pluridisciplinaire, qui vit et travaille dans le Gers. Elle se forme à la gravure (Ésaig Estienne, Paris), à la sculpture sur métal (Ensaama Olivier de Serres, Paris) et à la scénographie (Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3). Par la suite, elle se dirige vers les arts vivants en alliant travail plastique et créations collectives.
➤ Clément Huynh est né à Paris en 1991. Cet artiste plasticien et architecte vit à Arreau et travaille à Jézeau. Au sein d’un cursus à l’ENSA Paris-Belleville, il engage une recherche sur les enjeux sociétaux soulevés par ce qu’habiter signifie. Dans ce cadre, il participe à la construction d’un espace collectif dans un bidonville à Montreuil. Il obtient son diplôme en 2015 et exerce ensuite comme architecte dans des agences parisiennes, puis dans les Hautes-Pyrénées, où il s’installe en indépendant en 2023.
Son travail artistique, indissociable de l’architecture, se développe dans la peinture à l’huile et le dessin. En 2025-2026, il est invité dans le cadre du projet franco-espagnol Murets d’Art, dédié à la reconstruction collective de murets en pierre sèche, pour lequel il réalise une série de dessins in situ.
➤ Léa Pignard (1999, Dakar) est une photographe diplômée de l’ ETPA à Toulouse en 2025. Elle se forme à la science politique, la sociologie et la philosophie. Son travail se situe à l’intersection de l’enquête sociale et de l’image documentaire. Elle travaille aussi bien dans sa chambre noire que dans des techniques d’impressions numériques ou des procédés de tirages expérimentaux.
En 2025, elle est accompagnée par le fonds Régnier pour la Création et l’Agence VU. Dans ce contexte, elle réalise une fiction documentaire sur la guerre civile espagnole et l’exil. Par ailleurs, elle fait partie d’un collectif de photographes dont le travail a été présenté en 2025 au festival LUM à Seix en Ariège et pour lequel un livre d’artiste est en cours de réalisation.
➤ Adrien Dagneau travaille avec des objets. Il les associe pour explorer ce qui les constitue et ce à quoi ils sont attachés. En parallèle, sa pratique de l’écriture lui permet de tester des « chocs » qu’il ne s’autorise pas avec les objets. Dans tous les cas, la narration occupe une place importante. Pour lui, c’est un garde-fou, quelque chose qui l’empêche et, en même temps, c’est l’avocat commis d’office de ses assemblages. C’est aussi la première chose qu’il abandonne.
Depuis peu, il envisage de conduire des ateliers de narration collective afin de creuser plus avant ce rapport à la construction, à l’accumulation de sens et à la perte.





