Giroussens : un an après l’incendie, les Ateliers du Possible repartent « de plus belle »
Dans la nuit du 2 au 3 novembre 2025, un incendie ravageait l’étage des Ateliers du Possible, à Giroussens (Tarn). Un an plus tard, la peintre Katia Villard, fondatrice du lieu, raconte la reconstruction, un nouveau souffle artistique et un village qui n’a pas lâché.
Dans cette nuit de novembre 2025, une voisine sortant ses poubelles vers deux heures du matin donne l’alerte. Le feu a pris à l’étage de l’ancienne boulangerie, en plein centre de Giroussens, au milieu de maisons mitoyennes. « On a eu très peur de cramer le village« , se souvient Katia Villard. Cinq camions de pompiers interviennent. Le feu est contenu avant d’atteindre la galerie du rez-de-chaussée, mais les trois ateliers de l’étage sont détruits.

Sur le moment, la fondatrice pense d’abord à un défaut électrique, malgré la rénovation récente. Elle pleure, se sent « dépitée » à l’idée de ne pas repartir. Elle retient surtout le soutien reçu : les voisins qui s’investissent dès la nuit, l’association des professionnels du village qui s’engage le lendemain, et les cagnottes lancées sans qu’elle les demande.
Les œuvres sont les grandes absentes des assurances. “Les assurances ont couvert les travaux, mais, explique Katia Villard, presque rien pour les œuvres et le matériel”. Aucun assureur ne sait les évaluer, et sans état des lieux préalable, l’indemnisation reste minime. Les résidents ont dû avancer les frais pendant les quatre ou cinq mois nécessaires avant de connaître le montant réellement remboursé. Côté précautions, elle conserve désormais une partie de son stock ailleurs, mais retrouver toutes les factures reste, dit-elle, compliqué.
Pendant trois ou quatre mois, la peintre travaille chez elle avec ce qui lui reste : papier, crayons, vieux tubes d’huile. Elle y trouve l’occasion de changer de médium. Elle travaille désormais surtout sur papier Arches, avec de la poudre de graphite, un dessin à la gomme, puis des glacis à l’huile. « Comme si le feu clôturait quelque chose et me permettait de renaître. »
Après 6 mois de reconstruction, elle décide de repartir. L’étage accueille un second espace de galerie : une trentaine d’artistes y présentent en permanence des petits formats, entre 15 et 150 euros, renouvelés tous les six mois. Les résidents peuvent ainsi continuer à vendre leur travail pendant les expositions du rez-de-chaussée. La sélection s’est ouverte à la gravure, la photographie, la sculpture sur fer, le tournage sur bois et la création de bijoux.
Le choix des résidents a aussi évolué, avec des artistes dont les pratiques conviennent mieux au bâtiment : peintres, dessinateurs, céramistes. Trois résidentes occupent aujourd’hui les ateliers, dont une céramiste membre des Ateliers d’art de France et une artiste textile. Elles travaillent souvent « à quatre mains ». Le tout sous le signe, résume Katia Villard, de « passion et partage ».
L’inauguration de la réouverture, en mars, a réuni environ 350 personnes. La mairie a facilité la poursuite des cours de Katia Villard. La fondatrice voit dans cette solidarité l’effet d’un village attaché à son image culturelle : « Plus on est nombreux, plus c’est intéressant. » Elle reçoit régulièrement des demandes d’artistes souhaitant s’installer à Giroussens, et le rayonnement du lieu s’étend désormais vers Albi et Toulouse.
Les trois résidentes présentent à Noël l’exposition collective « Dans ma maison ». Au printemps 2027, en avril, Katia Villard accueillera Nadine Vergues qui travaille sur les feutres industriels et Anaïs Duplan, qui travaille le crin de cheval, invitation en lien avec les Journées européennes des métiers d’art.
Les Artistes résidentes
Katia Villard, peintre
Flore Loireau, céramiste Ateliers d’arts de France
Kristine Stattin, artiste textile
Les Ateliers du Possible
36 grand rue
81500 Giroussens
Page Facebook des Ateliers du Possible
Crédit photos: Katia Villard




