DUMAS Emilie

    Discipline(s)
    Dessinateur/trice, Peintre
    Informations de contact
    Ms. Emilie Dumas
    Téléphone

    Adresse
    7 place Desprès 66000 Perpignan
    Statut
    Artiste-auteur
    N° MDA ou Agesssa
    MDA : D8547-47
    Mon Histoire

    Je ne revendique pas à proprement parler une « démarche artistique », car je ne me sens pas appartenir à cette catégorie d’artistes qui présuppose un discours théorique, et anticipe le commentaire du critique, sans quoi ce qui est donné à voir ne tiendrait pas seul debout.

    Tout au contraire, c’est pour remonter à la surface du visible, dans l’évidence de la perception commune que j’ai commencé à peindre, que je suis passée d’une activité de restauration de décors ecclésiastiques à mes propres travaux.

    Autrement dit, c’est pour compenser un défaut initial, que sans en avoir eu l’intention, j’ai développé ma manière de faire. Il y avait dans mes premiers tableaux une sorte de vertige, de déséquilibre qui rendait l’image instable. Et c’est en m’exerçant aux lignes de fuite, et aux distorsions de l’espace représenté que j’ai progressivement trouvé mon style.

    Il m’apparaît ainsi que, plus je m’exerce à saisir la vraisemblance, plus se présentent des anomalies que j’accepte et intègre à mon tableau, et qui en tissent l’âme.
    J’approche, à mon humble mesure, ce que pourrait être la figuration dont parle Georges Didi Huberman à travers Fra Angelico. À savoir que le figuratif ne s’oppose pas à l’abstraction ou aux disciplines plus cérébrales des arts plastiques, mais qu’il est une projection mentale.

    La pratique qui me captive cherche par le jeu des lois de la perspective, et d’abord en les trahissant, en les manquant, à décrire l’étrangeté de la condition humaine, de la conscience d’une dimension secrète. Autrement dit, c’est dans l’artisanat de la figuration que je trouve non point ma « conception » artistique, mais en quelque sorte, ma position méditative.

    Ainsi, en m’inspirant du réalisme photographique, ai-je la sensation de poursuivre dans le décor contemporain la mission d’illustration religieuse de la peinture ancienne. Sauf que les personnages traditionnels sont escamotés, engloutis dans un réel à vif, endeuillé.

    Les figures ont disparu, mais la scénographie demeure, et sa lumière. Noli me tangere. C’est sans doute ce qui a fait dire à Claire Muchir, curatrice d’une exposition consacrée à ma peinture au musée Rigaud de Perpignan, que mes tableaux comme des albums de famille sécrétaient un doux malaise.

    Cette exposition du Musée Rigaud, intitulée L’essentiel est ce qui manque, a marqué une étape dans mon travail, une reconnaissance qui me détermine à poursuivre. Elle a été le fruit d’une collaboration avec l’écrivain Eric Meunié, qui se consacre depuis des années à un livre unique entièrement structuré par les lignes de fuite d’un texte fragmenté allant vers sa propre disparition.

    Eric Meunié et moi-même avons en février 2020 publié ensemble aux éditions Voix/Richard Meïer un petit livre qui se déploie en Leporello (éventail). Florilège fait de fragments et de détails de mes peintures, intitulé, en hommage à la liste dépitée du valet de Don Giovanni : Petite madame, voici le catalogue.

    Depuis un an, je travaille à partir de photographies prises dans les tranchées par le grand-père d’Eric Meunié à une série de Soldats, qui viennent comme peupler les espaces vides de mes précédentes Annonciations.

    Emilie Dumas

    Expositions, Galeries, Musées ...
    Expositions(s) personnelle(s)
    L'essentiel est ce qui manque, Musée Hyacinthe Rigaud, Perpignan, mars à juin 2019 (peintures Emilie Dumas et textes Eric Meunié)
    Atelier ouvert au public
    Oui
    Galerie virtuelle