DOUSSE Jean-François

    Discipline(s)
    Dessinateur/trice, Peintre
    Informations de contact
    Mr. Jean-François Dousse
    Téléphone

    Département
    Adresse
    48 avenue de Narbonne 11130 Sigean
    Statut
    Autre
    Mon Histoire

    Après mes études à l’Ecole des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand, j’ai été enseignant en Arts Appliqués à l’Institut des Métiers de Clermont-Ferrand, dans le même temps j’ai participé à une association de plasticiens « Héxaèdre » puis graphiste illustrateur dans le studio de créations graphiques “Picagraf” que nous avions créé avec un photographe professionnel à Riom dans le Puy-de-Dôme, j’ai poursuivi cette activité en free-lance dans la région de Montpellier. Pendant toutes ces années, j’ai continué mes recherches de peintre et j’ai participé à des rares expositions (le milieu de l’art contemporain étant en terrain glissant, toujours garder un pied à l’extérieur).

    Depuis plusieurs mois j’ai travaillé sur une suite de portraits que j’appelle « mes morfales », peut-être mes aïeuls, qui sait… ? J’ai réalisé ces portraits sans pudeur pour cette violence, cette appétence agressive, égocentrique, cette férocité vorace tellement humaine, bien plus qu’animal. Je ne sais si la figure humaine est le reflet de l’âme, mais je me plais à la représenter avec ce visage de goinfre insatiable, néanmoins évoqué avec ce zeste d’humour qui le garde éloigné de toutes formes de sinistroses malsaines. Ces portraits ne sont que des hypothèses de travail pour satisfaire mon envie de logorrhée picturale, bref, mon appétit de « peinture » au travers de la figure et de l’absurde, l’homme tragique, le clown vociférant dans le vide qui se plaît à créer des « dieux » ridicules pour s’aider à digérer ce silence qui lui lacère l’estomac.
    La toile à même le sol, je tourne autour, elle est devenue mon espace et je suis à l’intérieur. Je peins ou plutôt je barbouille ce visage rectangulaire qui est la toile, je simplifie jusqu’à l’essentiel, et puis j’en rajoute et j’en rajoute, jamais à satiété. Je me goinfre de peinture. J’attends une « présence », une « évidence » dans cette jungle graphique. Je cherche, je triture, je découpe, mais en finalité je ne réfléchis pas mes peintures, ce sont elles qui me réfléchissent comme un miroir. Tout à coup surgissent les figures reconnaissables, toute cette géométrie de l’absurde, et cet œil qui fixe le regardeur où chaque toile devient le miroir où il s’y toise lui-même, ce goinfre impitoyable, victime de tant de ressentiments dans lesquels il se complaît avec une frénésie plaintive. Mais je suis un sage, je sais bien que l’homme traîne aussi l’horreur derrière lui, jusqu’à « dévorer » son environnement ou guerroyer d’une manière insensée pour justifier d’inconcevables délires totalitaires idéologiques ou religieux. Je sais qu’il faut que je me méfie, pas d’emphase, que je reste prudent avec les mots, avec eux, tout peut devenir confus tout à coup ou trop clair.
    Chaque peinture est une aventure, on ne sait jamais à l’avance comment ça va se terminer. Peindre, c’est ouvrir une porte et découvrir sur le palier un inconnu et bizarrement au bout d’un certain temps, être sûr de le connaître tellement, qu’à l’évidence il était déjà un intime.

    J’apprécie quand les lignes griffent, s’agitent inconsidérément, que les formes s’entrechoquent, les couleurs explosent, ou qu’au contraire elles s’éteignent dans l’obscur, le terne, la grisaille. Je maîtrise ce désordre par un quadrillage de lignes qui structure l’espace en une sorte de damier où chaque pion aurait sa place. L’humour du jeu, en quelque sorte. Je crains tellement la perfection, la pureté et l’harmonie elles me font peur, et même l’achevé, le fini, le beau. Je me plais dans ce qui fait défaut, ce qui est à côté, décalé, inachevé. Il faut qu’une peinture grince pour me satisfaire, qu’un dessin laisse trembler sa ligne librement, sauvagement, avec même des ruptures incertaines. Ces maladresses sont comme les traces laissées par l’usure du temps, elles ressemblent étrangement aux paysages d’une vie, mais sachant que rien n’est figé dans l’immobilité, tout est dans le mouvement incessant, le renouvellement. Tout s’use, se détruit et renaît sans cesse.
    Quelques tubes de couleur primaire, quelques pastels secs ou gras me suffisent, un minimum de matériel pour éviter toutes supercheries esthétisantes, tout superflu, et surtout ne pas vouloir expliquer à tout prix, le « décorum littéraire » n’est pas indispensable, il est souvent plus naïf qu’il n’y paraît. Je le sais, là tout de suite j’en use, même si je ne cherche pas à expliquer, je parle de doute, ne jamais être sûr de rien… Bref, est-il indispensable de tout connaître de la fleur pour se rendre compte de la légèreté des pétales qui tremblent au moindre souffle… ?
    Je ne cherche pas le concept mais la forme.
    Je ne cherche pas l’esthétique mais le sensible.
    Je ne cherche surtout pas la vérité, mais la vie.

    Les visuels présentés sont des toiles de 89x116cm et 100x100cm.

    Atelier ouvert au public
    Oui
    Galerie virtuelle