BICKERTON Tim

    Discipline(s)
    Peintre
    Informations de contact
    Mr. Tim Bickerton
    Téléphone

    Département
    Adresse
    91 Avenue Jean Moulin 34500 Beziers
    Statut
    Artiste-auteur
    N° MDA ou Agesssa
    B956660
    Mon Histoire

    Béziers
    Les cartes du souvenir

    Le peintre britannique Tim Bickerton, a eu plusieurs vies. Installé dans le Lot il y a une vingtaine d’années, puis dans l’Hérault aujourd’hui, il fait appel à tous ses morceaux de vie pour construire des toiles qui fonctionnent comme des “cartes du souvenir”: Memory maps.

    Une paire de mains en prière descend d’une montagne ou du ciel. Elles s’interrogent sur un croisement de route, le tout dans un paysage hivernal dessiné à gros traits. Dans une autre toile, l’univers est tout autre: sur un fond noir, des lignes grises se brisent les unes contre les autres, enserrant trois masses jaunes autour d’un feu de cheminée. Au-dessus, des traits blancs qui peuvent faire penser à du fil barbelé.
    Dans les deux cas, l’impression d’une peinture à la fois spontanée et construite, qui mêle quelques éléments figuratifs à d’autres plus abstraits.
    Rien n’est facile dans la peinture de Tim Bickerton, pas plus une toile que l’ensemble de son oeuvre, qui alterne entre des oeuvres rappelant De Kooning et d’autres davantage les constructions plus géométriques de l’école de Paris.
    Le lien entre tout cela est dans la démarche: “Mon travail se base sur la mémoire. Chaque oeuvre est liée à un souvenir, ou à plusieurs entremêlés, très précis ou … très fugace. La technique elle-même peut m’apporter des souvenirs spécifiques. En ce moment, je fais des dessins à l’encre de Chine, et je renoue avec une pratique que j’ai pu avoir en début de parcours, quitte aujourd’hui à leur donner un prolongement par la peinture”.
    « J’empile les souvenirs, traces visuelles dont la combinaison donne à voir l’homme que je suis devenu”.
    La peinture est donc le moyen pour Tim Bickerton de relier des épisodes de vie qui pourraient rester imperméables les uns aux autres. Des lieux différents, des métiers différents, des langues différentes. Cela pourrait s’appeler “Chapitre 1, “Chapitre 2”, etc. Mais l’artiste a choisi de fusionner ces souvenirs grâce à la peinture, de montrer que derrière ces tranches de vie se trouve une seule personne, auteur de toutes les peintures-souvenirs que ces expériences ont déclenchées.
    Cette peinture introspective ne donne pas plus de clé: restent des impressions liées à la palette: les jaunes, orange et bleus signent l’intégration à un Sud méditerranéen, mais cela est vite compensé par des noirs et blancs plus interrogateurs; des évocations qui viennent de voyage en Inde ou en Egypte; des fragments de discours, des esquisses de montagnes, des grilles, réelles difficultés à s’intégrer dans ces nouveaux lieux, des labyrinthes dont on ne voit pas la fin, etc.
    Et tout comme l’artiste a peint ses toiles de manière rapide, il faut, devant ces traits, rester soi-même dans la spontanéité d’un premier regard. Si l’artiste recourt par exemple à la feuille d’or ou d’argent, ce n’est pas pour anoblir quoi que ce soit : “Pour moi, ces feuilles renvoient aussi bien au sacré des icônes qu’à la trivialité du papier peint métallisé de mon enfance”. Ailleurs, il va mêler l’or et la boue (gold and mud). “Cela renvoie à un souvenir très précis de mon voyage en Inde, où j’ai trouvé sur un sol tout boueux quelque résidus d’or. C’était vraiment inouï”.
    Pour l’artiste, les évocations intégrées à ces toiles-coeur d’artichaut sont nombreuses et très précises:
    “- Richard et moi, bricolant un radeau dans son garage avec des vieux bidons de pétrole et des chutes de bois. – L’oncle Jack racontant comment il a perdu un œil lorsqu’il a été éjecté du cockpit de son Typhoon. – Un touriste japonais exhibant un portable à peine plus épais qu’une carte de crédit”.
    Evidemment, tout cela échappe à celui qui regarde. Mais plus que les souvenirs pris un par un et ce qu’ils signifient, ce qui compte ici, c’est l’empilement des uns et des autres, le tout créant une nouvelle trace visuelle “dont la combinaison donne à voir l’homme que je suis devenu au fil du temps”.
    Après, chacun interprète à sa manière, créant sans doute des faux sens par rapport à l’intention première d’artiste. Mais il s’en accommode: après tout, la mémoire lui a sans doute jouer des tours à lui aussi, et ses souvenirs ne sont peut-être pas plus fiables que la lecture d’une tierce personne. Moins de fiabilité, plus d’interprétations. Et c’est très bien ainsi.

    Bio
    Né en 1956 en Grande-Bretagne, Tim Bickerton se forme à la Sheffield Art School pendant quatre ans. Entre 1978 et 1999, il travaille comme décorateur ou scénographe pour des théâtres et la télévision. Et l’été, il rejoint l’atelier d’un vitrailliste dans le sud de la France.
    1988-1995: sculpteur et directeur artistique, conçoit des expositions pour des musées et galeries en Angleterre, en Egypte et dans les Caraïbes.
    A partir de 1995, s’installe dans le sud de la France et se recentre sur sa peinture.
    A réalisé quelques commandes en région: un travail pour Airbus, pour lequel il s’installe plusieurs semaines dans les usines qui fabriquent les A380; ou pour l’Orchestre National du Capitole, où il travaille avec les danseurs, et s’en inspirent pour créer d’immenses silhouettes en mouvement représentées sur des toiles de 2 x 4 mètres.

    Anne Devailly

    Expositions, Galeries, Musées ...
    Expositions(s) personnelle(s)
    Chapelle du quartier hauts , Sete

    Chateau Cassan , Roujan

    Galerie Lifesisart , Anvers

    Galerie Oneninesixone , Paris

    Atelier ouvert au public
    Oui
    Entretien - Rencontres Artistes d'Occitanie
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    « Les 30 Artistes Occitanie »
    Présent dans l'édition 2020 ou 2021
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