BESSEDE Jean-Louis

    Discipline(s)
    Dessinateur/trice, Peintre
    Informations de contact
    Mr. Jean-Louis Bessède

    Département
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    30700 Uzès
    Mon Histoire

    Jean-Louis Bessède, L’humanité retrouvée

    Dans la peinture de Jean-Louis Bessède, la figure est toujours au centre de l’oeuvre. Personnages et créatures au corps souvent frêle et distordu, mais qui ont des choses à dire… et le discours a changé du tout au tout ces deux dernières années. Récit d’une peinture qui signe une renaissance.

    Déjà, avant 2020, la peinture de Jean-Louis Bessède rassemblait des êtres vivants, plus ou moins fantasmés. Déjà, ils occupaient la toile sans qu’aucun élément d’arrière-plan ne donne quelques éléments de contexte.
    Les thèmes restent inchangés, l’humanité, la part animal dans l’homme, les liens entre tous les êtres vivants. Mais à bien y regarder, des différences infimes changent le sens des travaux que l’artiste réalise maintenant.
    ‘Avant’, les toiles partaient du noir et du blanc qui s’affrontaient de part et d’autres de l’œuvre, et au milieu, des teintes trouvaient leur chemin tant bien que mal entre la force des contrastes noir/blanc.
    Aujourd’hui dominent des techniques de dessins, plus rapides, des constructions plus pacifiées et un trait volontairement sans épaisseur, là où, les années précédentes l’artiste avait recours à des papiers froissés, pliés, pris dans le plâtre pour donner une certaine épaisseur sur la toile.
    Et puis, des détails infimes montrent une évolution: aujourd’hui figure généralement un personnage blanc, des mots simples et compréhensibles parsèment la toile et entourent les personnages. Et ces mots sont la plupart du temps porteurs d’espoir.
    Entre un ‘avant’ et un ‘après’, l’artiste a suivi une psychothérapie qu’il vit aujourd’hui comme une complète renaissance. Lui, dont la vie avait été marquée par un terrible drame dans son enfance (l’assassinat de son père), a fini par retrouver un nouvel élan, et cette façon de voir l’existence se ressent dans sa peinture. Ce n’est pas la peinture en tant que telle qui a constitué la thérapie, c’est en revanche elle qui bénéficie des bienfaits qui en résultent.
    “Chaque individu se définit un peu par rapport aux autres, mais il faut être capable de laisser cette part à sa juste proportion. On peut tous essayer de retrouver quelque chose de plus essentiel, non déformé par la société et le regard des autres.
    Avant, je peignais la souffrance, ma souffrance, dans une figuration de l’ordre du classicisme. Maintenant j’ai vidé l’armoire, j’ai retrouvé mon bac à sable. Et avec lui, la beauté et une forme de sacré. Je ne peins plus, je dessine. Comme l’enfant: c’est plus rapide et plus spontané. De retour de thérapie, j’ai finalement trouvé que mon identité véritable était davantage dans mes croquis.J’en ai toujours fait, mais ils sont maintenant les points de départ de mes travaux en plus grand format”.

    Aujourd’hui, Jean-Louis Bessède prend donc ses dessins, parfois point de départ absolu, parfois aussi inspirés par une oeuvre qui l’inspire. Il retravaille ensuite le dessin sur tablette pour voir quel prolongement il peut imaginer. Il en ressort trois possibilités qui verront ou ne verront pas leur concrétisation sur toile. L’artiste passe ensuite au grand format: une plaque de bois, peinte avec un fond de couleur tilleul ‘apaisante’, entouré d’un cadre blanc, qui définit une ‘frontière de pureté’ avec l’extérieur. “Dans le cadre, c’est une cour de récré, je prolonge mes petits croquis, et je m’amuse.”
    Et l’artiste met sur la toile de nouveaux signes montrant une vision plus apaisée de l’existence: aujourd’hui, dans les personnages présents en nombre sur chaque oeuvre, il y en aura toujours un en blanc. Généralement pas le principal mais néanmoins: il est là, symbole d’une pureté qui n’occupe pas le devant de la scène, mais qui existe.
    Au moins aussi importants que ce personnage, pur mais fantomatique, des mots tracés au crayon rythment la représentation.
    “Il faut tout accepter, c’est la loi de la nature, qui a choisi un développement sur le mode sexué et non sur le clonage qui arrive aujourd’hui par d’autres voies. Dans la nature, le mode sexué mène à la diversité. C’est simple, mais aujourd’hui, les choses ont changé: il existe une espèce de décalage de plus en plus grand entre l’homme biologique et l’homme spirituel, comme si le premier allait nettement plus vite que le second”.
    Pour que ce petit monde de créatures vivantes mais statiques prenne vie, l’artiste met à profit tous les moyens à sa disposition: crayons, sanguines, mines de plomb, cire, acryliques, ajout de papier journal, etc..
    Les traits sont affirmés, ludiques, voire enfantins. Mais pour que cette approche soit solide, Jean-Louis Bessède revient vite à des considérations nées d’une solide formation artistique: parfois, la présence d’un visage sombre au premier plan s’explique par la construction de l’oeuvre avant tout. “Chaque toile est une recherche d’un point d’équilibre entre une construction, qui donne une charpente à ce qu’on exprime, et une sensibilité qui s’exprime à travers la spontanéité. Les deux sont nécessaires, mais doivent s’équilibrer pour éviter soit un excès de dureté soit un penchant vers une certaine forme de sensibilité à l’eau de rose, de niaiserie”.
    Une nouvelle approche qui se fait néanmoins dans une réelle continuité du travail précédent. L’apaisement de l’artiste ne va d’ailleurs pas forcément vers la représentation d’un monde idyllique: dans la série des Infantes d’après les Ménines de Vélazquez, les nouvelles venues sont finalement plus dures qu’avant: être apaisé intérieurement va de pair avec une réelle lucidité sur la dureté du monde.
    Anne Devailly

    ENCADRE
    Deux carrières

    Jean-Louis Bessède s’est formé aux Beaux-Arts de Toulouse. Mais à la sortie, il a travaillé longtemps dans le design, et a conçu de nombreux objets ultra-contemporains qui ont séduit entre autres Georges Pompidou ou le Roi du Maroc. Au total, plus de 300 créations diffusées dans le monde.
    Il se consacre depuis 1982 entièrement à la peinture. Son travail est régulièrement exposé et montré dans de nombreuses galeries dans et hors de la région. En 2019, il suit une psychothérapie qui se révélera fondatrice d’un nouveau départ, à la fois dans l’existence et dans son travail artistique.

    « Les 30 Artistes Occitanie »
    Présent dans l'édition 2020 ou 2021
    Galerie virtuelle