L'Art de Rire
Du 4 novembre 2026 au 29 novembre 2026
Vernissage le 12 novembre 2026
18h00 – 20h30
L’Art de Rire
En ces temps difficiles, l’exposition l’Art de Rire à la Galerie Associative Artel propose une parenthèse humoristique qui ne s’encombre pas de longues explications littéraires pour atteindre son seul but : montrer une série d’images drôles, comiques, satyriques et parfois « risibles ».
Or, si l’humour des plasticiens reste très éloigné de celui des comédiens, c’est souvent en raison de sa complexité et du cocktail de compétences qu’il doit pouvoir mobiliser pour arriver à faire rire avec un seul plan fixe ou en imitant le mouvement en plusieurs vignettes. En règle générale, le cœur comique d’une image dépend surtout de la reconnaissance des référents culturels auxquels l’auteur fait allusion. C’est pourquoi, le regard du visiteur doit parfois éplucher les différentes couches significatives présentes dans l’œuvre, avant d’accéder au déclic hilarant.
Avec L’art de Rire, il est probable que leur contemporanéité véhicule notre actualité. Car, c’est aussi le fonctionnement de la caricature, où l’humour devient un langage à part entière, puisqu’elle déforme plastiquement la réalité immédiate pour reconstruire une situation satyrique, moqueuse mais au final, moralisatrice. Un exemple des maîtres anciens, c’est celui du Misanthrope de Peter Brueghel qui montre le vol de la bourse d’un moine par un nain et qui s’appuie probablement sur la phrase de l’Évangile : “Où est le portefeuille, il y a le cœur”. De même que Goya, où la satire politique et sociétale implique une compréhension au second degré et une flexibilité cognitive qui dépasse son temps.
Il y a aussi les images satyriques qui tuent. Ce n’est plus notre rire qui tue, mais la nature des émotions que certains dessins éveillent. C’est pourquoi « voir l’humour », c’est parfois très compliqué. C’est aussi le pari des dix exposants qui pressentent qu’il n’y pas d’humour sans que les codes graphiques utilisés ne soient pas détournés, hybridés, parodiés et qu’ils les conduisent à une possible autodérision comme dans le cas de Maurizio Cattelan (qui n’expose pas encore à Artel).
De même, que nous pouvons tous comprendre qu’il est indispensable que le rire puisse s’inscrire dans une culture de la tolérance, riche de sa capacité artistique à établir des liens entre éléments disparates et parfois subversifs. Pour cela, nous avons vu jadis nos élèves utiliser des bulles et onomatopées de la BD, dessiner des commentaires en tout genre et réaliser des performances susceptibles d’éclairer un dernier défi qui est celui de « saisir que ce qui est dit n’est pas forcément ce qui est pensé. L’ironie, cette reine de l’humour sophistiqué, qui consiste à dire blanc pour faire comprendre noir. Un exercice de haute voltige cognitive ! » dira Henri Bergson.
Dès lors, comment ne pas excuser la légèreté philosophique et artistique du rire tout en respectant ce que l’on doit à la Vie, en sachant qu’il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain, puisqu’on ne rit jamais d’un paysage. Et pour reprendre encore les propos de Bergson : « Le comique exige pour produire tout son effet, quelque chose comme une anesthésie momentanée du cœur. Il s’adresse à l’intelligence pure ».
Avec la participation d’Yves Vassail et de nouvelles oeuvres d’Antoinette Danescu, Hamida Baal, Marie Pendeliau, Nina Blondet, Michèle Gibert, Nicole Penciolelli, Jocelyne Lachenardière, Nanardo Di Leornardo et Luis 70.
Pendant la durée de l’exposition ARTEL propose :
Deux ateliers de pratique artistique (2h c/u), « Arts plastiques et humour», animés par Luis70, le 19 novembre à partir de 18h.
Une lecture-performance «Qui a arnaqué la fille du potier? » proposée par Nina Blondet, le 25 novembre à partir de 16h.

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