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Yves Caro, Lilian Bourgeat

16 juillet au 19 septembre

Yves Caro, Lilian Bourgeat

Yves Caro, L’Adieu (der Abschied), 2001, vidéo
Lilian Bourgeat, Eblouissantes, 2005, installation

Eblouissantes, Lilian Bourgeat, 2005
Six ampoules géantes (50 x 85 cm), verre, aluminium, tubes stroboscopiques.
Collection Frac Occitanie Montpellier.
Dans le vaste espace sombre, scandé d’arches de pierre, de l’ancien chai,
les six grosses ampoules disséminées sur le sol émettent des éclairs stroboscopiques
colorés et silencieux. On avance, désorienté par ces stimuli visuels qui excèdent nos
capacités de perception, partagés entre émerveillement et sentiment de vulnérabilité.
Lilian Bourgeat crée des répliques surdimensionnées d’objets du quotidien
(le banc géant du jardin de l’Archevêché à Narbonne). Ici, non seulement les ampoules
deviennent de gros fruits de verre moulé mais les flashs qu’elles émettent nous prennent
au piège de leur démesure.

L’Adieu (der Abscheid), Yves Caro, 2001
Montage muet de séquences de comédies musicales américaines,
des années 30 aux années 50. Sur ces séquences successives se déploie en continu
la voix émouvante de Kathleen Ferrier qui chante “Der Abschied”, la dernière partie
du Chant de la terre, de Gustave Mahler.
Elle chante un poème chinois de Meng Haoran et Wang Wei (époque Tang, VIIIème siècle)
traduit en allemand par Hans Bethge.
C’est un bouleversant poème où la description de la nature au crépuscule précède un
rituel d’adieu entre deux amis qui ne se reverront plus :

O mon ami,
Dans ce monde le bonheur ne m’a point souri!
Où vais-je? Je vais errer dans les montagnes.
Je cherche le repos pour mon coeur solitaire.
Je chemine vers mon pays, vers ma demeure.
Je ne m’aventurerai jamais au loin.
Calme est mon coeur, il aspire à son heure!
La terre bien aimée en tout lieu refleurit au printemps et verdoie de nouveau.
Partout et pour toujours les horizons bleuissent!
Eternellement…éternellement…

Gustav Mahler a adapté et mis en musique les poèmes du Chant de la terre en 1907.
Sa musique, symphonique, d’une grande force lyrique et nostalgique, emporte l’auditeur
jusqu’à l’au-delà final d’un “ewig” (“éternellement”) répété sept fois au son du célesta.

C’est donc enveloppés dans cette musique que les couples mythiques
Ginger Rogers / Fred Astaire ou Cyd Charisse / Gene Kelly dansent avec une suprême élégance.
Et on est séduit par l’adhérence surprenante des mouvements des danseurs, des décors et
de la caméra au continuum musical. Mais cela ne dure pas, arrivent des séquences où
des corps-toupies crèvent des écrans, filent parmi les membres amputés d’un orchestre fantôme,
mettent le feu aux canons. La mort rôde, surréaliste, extravagante.
Les corps, détachés de la musique, deviennent d’étranges pantins au sourire forcé.
La contradiction laissera la place à l’étrange harmonie de la dernière scène,
quand le gigantesque décor kitch pivotera lentement sur lui-même jusqu’à l'”ewig” final.

Ainsi, deux flux puissants, le musical et le cinématographique, s’éloignent et se rapprochent.
L’un puise son inspiration dans la poésie du 8ème siècle, l’autre tresse les images
du milieu du 20ème siècle. Tous deux creusent la beauté à la recherche d’une vérité de l’être.

Détails

Début :
16 juillet
Fin :
19 septembre
Catégories d’évènement:
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Lieu

Images Ventenac
5 route de Saint-Nazaire
Ventenac-en-Minervois, 11120 France
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Date
16 juillet
Heure
18h.