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De la ville au jardin IV

10 juillet au 26 septembre



De la ville au jardin IV (prolongation)

Une galerie dans un jardin, un jardin dans la galerie; des oeuvres en extérieur, des oeuvres en intérieur, une relation entre la fantaisie du monde végétal et la fantaisie des artistes présents par leurs oeuvres…

L’exposition « DE LA VILLE AU JARDIN IV » est prolongée dans sa partie jardin jusqu’au 26 Septembre à la galerie-jardin TERRASSES D’ART située au chemin des Terrasses et propose des œuvres d’ARAGON, BARLIER, BEN AMARA, BEYER ,CHIRONI , CHOMETTE, COISSIEUX, DIACONU, DUBOIS, FOURCADIER, FOURRIER, LE SIGNOR, LELIEVRE, LIRON, MELLOUL, PLASSARD et PRADEL.

Visites possibles les après-midi des mardis, jeudis et samedis sur rendez-vous uniquement par le 06 88 89 98 54.

Organisée par l’association Passage à l’Art.

 

DE LA VILLE AU JARDIN IV : visite culturelle et bucolique à Millau

Au n° 2 de la rue Droite de Millau, une galerie associative d’Art contemporain propose une exposition temporaire, De la ville au jardin. Il s’agit d’un projet collectif auquel plusieurs artistes aux techniques variées participent. La galerie dite ‘de la ville’ est un espace chaleureux et intimiste respectant les codes de la galerie classique : vitrine, parquet, tapis ancien et scénographie sobre visant à distinguer et à mettre en valeur les oeuvres.
On peut y voir de la céramique selon le modèle chinois avec Ariane Coissieux, de la sculpture en peau de bête avec Christophe Liron ou encore de l’encre de Chine dans un style très graphique avec Naym Ben Amara. Cette première étape offre un avant-goût efficace avant de passer au lieu-dit ‘Jardin IV’.

Cette deuxième galerie, plus singulière, se situe un peu plus haut dans Millau, aux Terrasses d’Art: un jardin clos qui offre une vue imprenable sur les alentours de Millau et leur relief montagneux.
Christophe Liron, propriétaire des lieux et artiste propose une visite guidée informelle ou chacun peut intervenir selon ses réflexions. On entre par un portail rouillé débouchant sur un chemin serpentin, un texte nous prévient : « ici tout est toujours en travaux ou en transformation… ». Il ne s’agit donc pas d’une exposition dont les éléments sont statiques mais plutôt d’une interaction dynamique entre nature et culture.
D’emblée, plusieurs éléments s’imposent : la végétation omniprésente, très riche et libre dans ce jardin à l’anglaise, les ruines où l’on entrevoit une vieille porte et des objets divers : une tête de Bouddha, une poupée, une statue de chat.
Plusieurs personnages s’invitent au début de ce parcours labyrinthique, semblant sortir de terre, à l’image du topinambour ou de l’absinthe. D’emblée, le lien entre monde végétal et production artistique est posé: des choses que l’on cultive et qui se développent au fil du temps, transformées ensuite par la subjectivité du spectateur.

Une fois descendu à travers cette flore foisonnante, on arrive à l’entrée de la ‘galerie de l’évolution’. Du dehors, une serre à l’architecture alambiquée. On distingue à travers les vitres semi-opaques, des formes et des couleurs floues. Ce lieu romanesque est une ancienne roseraie, la rose introduisant une symbolique à la fois dangereuse – La Belle Et La Bête de Jean-Cocteau- et attirante – Peau-d’Âne de Jacques Demy. Comme dans le jardin, ce lieu alambiqué abrite une multitude de plantes qui dialoguent avec les oeuvres. Certaines leur font écho directement, comme les aquarelles aquatiles de Sophie Plassard ou les plantes abstraites de Naym Ben Amara.

 Au côté des tableaux, des mises en scène intrigantes prennent place, avec des créatures chrysalides dont le corps est parfois mis à mal : un ange amputé survole la pièce et la tête tranchée d’un sanglier s’impose dans le décor. Malgré cet aspect – qui rappelle le travail du surréaliste Hans Bellmer- l’ambiance n’est pas morbide mais plutôt ludique.
Il n’y a pas d’ordre historique ou thématique, un portrait du  XIXème siècle et une estampe contemporaine sont placés côte à côte, les inspirations se puisent dans des cultures différentes, asiatique avec André Aragon ou aborigène avec Luc Pradel. L’harmonie est à trouver dans le dynamisme qui émane de l’ensemble ou peut-être dans les détails qui jouent avec les objets comme avec les mots : des poêles à côté d’une femme ‘à poil’ donne à réfléchir sur la femme au foyer avec le plasticien Jacques Fourcadier. Un préservatif et une boite de suppositoires participent à la messe aux côtés de figures christiques, l’humour païen où le sacré embrasse la trivialité est convoqué. Une chèvre dans une cage, une mygale dans son présentoir ou encore des plantes en aquarium rappellent les cabinets de curiosité dont est imprégné l’imaginaire collectif.

Ce fouillis créatif dégage une certaine mysticité. Plusieurs objets évoquent d’ailleurs la religion comme un vitrail de Notre-Dames ou une Vierge dans un bocal. Des oeuvres de Stéphane Dubois, à la palette lumineuse, invitent à la méditation, et avec le CD de l’artiste qui est proposé, l’expérience devient immersive.
Les statuettes en peau de Christophe Liron dessinent, quant à elles, des soutanes moniales aux cuculla sans visage, le vêtement ici donne la promesse d’un corps que seul l’imagination peut constituer, l’absence de regard permet à chacun d’identifier le personnage selon sa sensibilité.
Ces objets, parfois illustratifs, parfois énigmatiques, racontent une histoire dont il faut combler les ellipses, faisant du visiteur un narrateur. Le décor bucolique ouvre la voie à de multiples allégories et à la construction d’un univers chimérique.

Christophe Liron ne prend pas le parti commun des galeries d’art où les normes de sécurité et d’hygiène sont respectées.
Dans ce parcours légèrement accidenté, le visiteur peut trébucher sur une racine, rencontrer un insecte et être gêné par les aléas météorologiques. Pour réellement rendre le corps du visiteur acteur de l’exposition, il convient de ne pas se centrer sur la commodité de l’espace, mais de s’approprier cette scénographie pour visiter l’exposition avec un regard critique sans faire confiance aux experts qui l’organisent et aux institutions qui la présentent.
L’oeuvre d’art, tout autant que l’artiste, n’est pas sacralisée, elle se fond dans un décor végétal et ouvre la porte à plusieurs interprétations.  Aucun cartel n’interdit d’ailleurs de toucher les oeuvres.
La galerie ne s’adapte pas à l’homme, c’est l’homme qui s’adapte à elle.  On est invité à creuser du regard la multitude de propositions artistiques tel un rongeur qui se fraie un chemin dans la terre.

Il s’agit donc d’une expérience stimulante et sensorielle, que cela soit pour les férus de nature, d’art, d’Histoire ou simplement les âmes curieuses. L’harmonie avec les végétaux y est centrale, ‘c’est aux plantes qu’il faut demander ce qu’est le monde, parce que ce sont elles qui font le monde‘, selon le biologiste Emmanuel Coccia dans son ouvrage La Vie Des Plantes.
C
ette citation fait écho au texte que l’on trouve à l’entrée et qui avertit le spectateur qu’il n’est pas chez lui mais bien chez les plantes. Leurs allures – naissantes ou imposantes – sont aussi diversifiées que les formes d’expression artistique : piquante, grasse, sèche, comestible, colorée, aérienne, terrienne et peut déclencher une paréidolie.
Véritable ‘aventure des corps’, selon un terme ovidien, le projet tient sa promesse de transformation perpétuelle et peut répondre à la demande de différentes sensibilités artistiques.   

Sûrya BUIS



 

Détails

Début :
10 juillet
Fin :
26 septembre
Catégories d’évènement:
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Lieu

Galerie Jardin Terrasse d’Art
Chemin des Terrasses
MILLAU, 12100 France
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