Pauline MONNET

Pauline MONNET
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Poétique du déclin

Composte pétrolifère de l’anthropocène

Pauline Monnet nous propose un regard inédit sur la nature contemporaine, déchirée entre l’ère pétrolifère, la pollution généralisée et les soubresauts du changement climatique.

Ces œuvres singulières rassemblent des variétés de végétaux issues de nos déchets, des chambres à air de camion et de tracteur usées,  glanées dans des garages : des milliers de fleurs de chambre à air, découpées, rivetées et mises en forme avec précision.

A travers ces “végétaux de pétrole”, l’artiste nous transporte au cœur de paysages comme calcinés, marqués par la désolation, chaos silencieux résultant du désastre écologique.

Des dessins de dentelles perforées, émergent des motifs de lumière et de vie au sein de l’obscurité.

Telles des veines naturelles, ces nervures de lumière expriment la vie persistante et l’énergie, la circulation et la régénération.

Au travers d’installations qu’elle désigne sous le nom de « Natures mortes », elle dresse un réquisitoire visuel contre l’apathie face à la destruction du vivant. Un monde sombre où dansent l’ombre et la lumière, un requiem pour la nature, une sorte d’épitaphe visuelle.

La “Solastalgie”, terme inventé par le philosophe australien Glenn Albrecht, décrit la douleur ressentie quand l’environnement familier est dégradé. C’est précisément cette douleur que Pauline Monnet tente de capturer. Chaque installation est un témoignage de la perte des territoires, du deuil de la nature et de la Solastagie qui en découle.

C’est un voyage brut au baroque.

Ces installations monochromes noires faites de caoutchoucs revalorisés, explorent contrastes subtils et textures profondes.

La lumière se révèle, se réfléchie.

Chaque chambre à air raconte une histoire d’usure, de trajets parcourus, de voyages passés, mais aussi une histoire industrielle et pétrochimique de caoutchouc synthétique, de pétrole.

Une métamorphose où la délicatesse des dentelles contraste avec la rudesse de l’origine.

Se transformer est une exploration constante de soi et de notre rapport au vivant.

Pourtant, au milieu de cette désolation, ces fleurs de pétrole sont extrêmement vivaces. Elles prolifèrent, pistils hérissés et défensifs.

C’est le cycle de la vie et l’espoir qui pulse.

La transformation du matériau brut, devenu déchet de notre société, et sa fabrication automatisée et industrielle, contraste dans la lenteur du procédé de transformation manuelle : découpes mécaniques et dentelles à l’emporte-pièce ne nécessitant que l’action humaine.

Ces “Natures mortes” sont une réflexion sur la transformation, la vie et la mort, la beauté et la destruction, sur le cycle infini de création et de destruction et sur notre capacité à nous transformer.

PETROLEUM, "La Fourmillière" Octobre 2023

NATURE MORTE, "Galerie de l'Embarcadère" Mai 2024

FAUNE ET FLORE DE L'ANTHROPOCENE, "Domaine Plageoles" juin/septembre 2024

48 Avenue Jean Bérenguier 81800 Coufouleux
Atelier ouvert au public
Oui
Téléphone

    Statut artiste
    Artiste libéral
    N° Siret, code APE
    532916533
    Galerie d'art de l'artiste

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