PAUL Frédéric

PAUL Frédéric
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Présentation de l’artiste et de son travail publié dans le livre Artistes Occitanie: les 30 artistes 2022

Fourcès (32)
Frédéric Paul
Photographe à la manière des peintres anciens

Frédéric Paul travaille la photo comme d’autres travaillent la peinture à l’huile: par “glacis” successifs, permettant de superposer et intégrer dans son œuvre différentes textures, palettes, motifs. Il en résulte un travail spécifique auquel l’artiste a choisi d’apposer un nom spécifique, la pinxophotographie.

Devant une œuvre de Frédéric Paul, on ne sait trop à quoi on a affaire en matière de technique: du dessin? de la peinture? de la photo?
En revanche, on saisit tout de suite un univers: “J’aime travailler sur la réminiscence ou l’évocation. Dans le cerveau, la mémoire est stockée comme un mille-feuille d’images dont l’ordre, la succession ou la prééminence peuvent dérouter. Mes compositions relèvent de cette logique, ou absence de logique”.
La pinxophotographie. Pour parvenir à donner cette apparence de plongée dans la mémoire, Frédéric Paul a créé sa technique, mise au point après avoir beaucoup voyagé, photographié et analysé des œuvres d’art. Depuis une vingtaine d’années, il travaille donc à partir de ces centaines de milliers de photos qu’il a rapportées qui constituent aujourd’hui sa palette, utilisable uniquement après un travail d’archivage et de nomenclature de tous ces pixels…
Et il a donné à ce nouveau travail un nom, la pinxophotographie, autrement dit l’alliance de la peinture et de la photo dans un art numérique composé de glacis de pixels.
“Je pars d’un écran vierge, fais des dessins sous-jacents, puis, comme pour une peinture à l’huile, je rapporte des touches de textures, de motifs, de formes et de couleurs, si ce n’est qu’au lieu de tremper mon pinceau dans des tubes de peintures, je prélève des pixels d’image puisés dans ma banque de données de photos personnelles. La composition se construit alors par superposition de glacis plus ou moins transparents. C’est mon travail d’analyse scientifique d’oeuvres d’art qui m’a fait prendre conscience que tout objet ou personne ou paysage en trois dimensions était une succession de phases, le résultat d’une histoire personnelle et d’une fabrication. C’est l’essence de ma recherche et de la pinxophotographie”.
L’artiste ne fait pas mystère de cette technique et a même mis sur son site quelques vidéos montrant les étapes de la création d’une œuvre. La technique de juxtaposition des touches est simple. C’est la richesse de la palette qui en fait la complexité.
Chaque composition s’inscrit dans une série, un thème de réflexion sociétal, musical ou scientifique et donne une image-mémoire, une évocation ou un billet d’humeur de la question abordée. Certaines de ces séries ont donné lieu à des livres: People, Jazz, Atmosphère, enfants de la Terre, 33 stations, 34 stations … “Je travaille actuellement sur le prochain, Amazing Maze”.
Le roman. S’il mélange les images, Frédéric Paul aime bien également combiner images et textes,en utilisant parfois la poésie, parfois la prose romanesque. Le choix de l’écrit, de l’image, ou des deux s’impose tout simplement en fonction du propos pour cet artiste, aussi à l’aise avec un stylo devant une feuille qu’avec un stylet sur une tablette.
Il a ainsi déjà publié un roman, Les Vierges Noires, et une histoire illustrée de ses propres compositions, Alice in Lenscape, “une expérience narrative et artistique”, une histoire qui accompagne l’image, mais des images (200 au total!) qui se nourrissent également du texte, autrement dit un essai de roman graphique en utilisant la pinxophotographie sur l’absurdité de l’information, puis, plus récemment un roman intitulé Initiale, sur un artiste russe dont il a retrouvé les dates de naissance et de décès, prétexte à réinventer son parcours initiatique dans une démarche de recherche obsessionnelle. En 2021, l’artiste achève un roman (une uchronie) sur les amérindiens.
“L’écriture est en quelque sorte l’interface de la pinxophotographie. Il s’agit toujours de mon univers visuel, mais cette fois-ci traduit en mots”.

Le cheminement. Frédéric Paul, grand marcheur, trouve aussi l’inspiration sur les chemins. C’est assez classique, mais souvent, la marche permet de se concentrer sur l’idée du moment, sans tenir compte du paysage traversé, comme Simenon par exemple qui concevait ses livres en marchant avant de coucher sur le papier l’idée précise qu’il avait ensuite de l’histoire.
Chez Frédéric Paul, la marche est au contraire elle-même source de découvertes, ce qu’il traverse, ce qu’il voit.
Le nouveau livre de “pinxo photographies”, 34 Stations, prolonge le précédent, 33 Stations. Ces deux ouvrages proposent des visuels basés sur ses voyages en Asie ou en Amérique. A l’image du Japonais Hiroshige qui avait publié les 36 vues du mont Fuji, Frédéric Paul imagine un livre ou le nombre de stations correspond au nombre d’étapes de son périple, “mais je ne sélectionne pas une image par jour, je souhaite au contraire réaliser une image non pas du lieu, mais de l’esprit du lieu. J’intègre au lieu lui-même ce qu’il peut avoir de chargé en symbolique, donner une idée de sa dimension historique, voire son caractère plus mystérieux, fantomatique. Bref, j’essaie de contracter un ensemble de symptômes d’un lieu. 33 stations revient sur mon parcours du Nord d’Hokkaido jusqu’en Corée, et 34 stations a été inspiré par un voyage allant de Cancun au Mexique à Seattle en passant par les Rocheuses”.
Toujours en marche, Frédéric Paul poursuit son chemin. Le matin, il découvre les chemins de randonnée du Gers, l’après-midi, il crée, imagine des images ou poursuit ses travaux d’écriture. Toutes ses activités s’enrichissent mutuellement.
Prochainement, les deux vont se rejoindre dans un nouvel ouvrage, Etonnant labyrinthe: “Le confinement m’a amené à beaucoup arpenter les chemins gersois, et je vais essayer de rendre compte de cette ‘toile d’araignée’ gersoise comme je peux être inspiré par des lieux plus exotiques”.

INSERT
“Même si je souhaite au final m’adresser à l’autre, je trouve plus d’authenticité dans un premier face-à-face avec ma propre création”.

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BIO
Parisien né en 1950, diplômé de l’Essec, Frédéric Paul devient professeur de créativité à l’Escae de Montpellier, puis part travailler à l’étranger, notamment en Asie.
A 23 ans, il édite un recueil de poésie, puis écrit un scénario, des nouvelles et un roman.
A 33 ans, il se forme à l’analyse d’œuvres d’art en Toscane puis fonde la société Art Analysis et Research à Hong-Kong qui réalise des analyses scientifiques d’œuvres d’art en Asie. Au début des années 2000, il s’installe en Gascogne et se consacre entièrement à la création.

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