COLLELL Jean-Michel

COLLELL Jean-Michel
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Article paru dans le cinquième volume de la collection Artistes Occitanie, les 30 artistes (2024)

Derrière le treillis métallique, des visages

Le grillage est souvent utilisé comme matériau de base en sculpture. Beaucoup moins dans des oeuvres en deux dimensions, surtout quand il ne se cache pas. Jean-Michel Collell en a fait son outil de prédilection, proposant des œuvres qui entrent en résonance avec les techniques actuelles.
Des portraits en noir et blanc et en format imposant de célébrités, mais aussi des visages d’inconnus de différentes ethnies. Ou encore des animaux, qui bénéficient du même traitement: lion, guépard, tigre,, tous apparaissent dans un noir et blanc, hors de tout contexte.
Mais que voit-on exactement?
De simples photos? Des photos démesurément agrandies, d’où les petits carrés qui apparaissent si on s’approche?
Si on se rapproche encore, l’œil saisit ce qu’il voit réellement: Jean-Michel Collell n’est pas photographe, il n’est pas davantage peintre. Son unique matériau: des treillis métalliques, des pinces coupantes et quelques attaches en fer.
Son œuvre est en deux dimensions, mais son travail s’apparente finalement plus à celui du sculpteur, qui travaille la terre et agit en ajoutant ou en enlevant de la matière.
Et ce n’est pas un hasard. Car le parcours de cet artiste autodidacte est passé par la sculpture: au départ, il dessine ce qu’il a sous les yeux et notamment ses profs pendant les années de lycée. Et puis vers 20-25 ans, il commence à faire de la peinture animalière avant de choisir de passer à la sculpture: il réalise alors des animaux en grillage. Et c’est là que petit à petit il découvre le potentiel de ce matériau. Très utilisé par les sculpteurs, même si c’est la plupart du temps pour le recouvrir ensuite d’un matériau plus “noble”, le treillis métallique est beaucoup plus rare en deux dimensions.
C’est la voie que va finalement choisir l’artiste.
Aujourd’hui, pour chacune de ses œuvres, le principe est le même. Jean-Michel Collell choisit une photo, et va la transposer en superposant différents treillis. Au départ, les treillis sont superposés en léger décalé, permettant d’avoir une densité de traits horizontaux et verticaux. C’est sa trame de base.
A partir de là, il découpe à la main les couches de maille métallique avec une technique de soustraction pour créer le portrait. Ses sculptures comprennent donc des zones de maille à haute densité à côté des espaces découpés qui leur apportent de la lumière. Jusqu’à couper toutes les mailles, s’il souhaite un blanc pur.
Mais, s’il veut tirer vers le noir, il peut rajouter quelques bouts de grille pour densifier les zones sombres. De la manière la plus simple qui soit: pas de soudure, juste quelques liens, quelques noeuds invisibles, mais le travail demande patience et nuance: il peut, sur une toute petite portion du tableau aller jusqu’à superposer 12 morceaux de métal pour créer le noir de la pupille par exemple.
Heure après heure, point par point, le treillis va laisser apparaître un motif, aussi réaliste que la photo qui a servi de modèle.
Mais le grillage offre une texture également tactile, suscitant l’envie de toucher ou de ressentir sa rugosité, et donne un aspect industriel ou urbain aux oeuvres de JM Colllell, qui propose des oeuvres qui ne sont ni en deux, ni en trois dimensions, mais dans un entre-deux prenant les qualités à la fois de la peinture (travail de la lumière) et de la sculpture (travail du relief).
La technique est donc riche de nombreuses possibilités mais Jean-Michel Collell essaie sans cesse de voir quelles nouvelles pistes cela peut ouvrir.
En ce sens, la série des Geishas est intéressante: les femmes sont réalisées avec la technique spécifique à l’artiste, et apparaissent donc elles aussi en noir et blanc. Mais l’artiste les proposent sur un fond de pétales de fleurs en soie, des fleurs qui habillent littéralement ces femmes japonaises: la robe, les fleurs dans les cheveux, mais également le visage. L’artiste a opté pour des pétales blancs et légèrement rosés, permettant à ces fleurs de se fondre dans le décor comme dans la texture d’un visage.
L’oeuvre de Jean-Michel Collell a donc un triple attrait: des thèmes connus de tous en en phase avec le monde contemporain (notamment le cinéma ou le monde du show-biz), un lien avec les techniques industrielles actuelles, et malgré tout un travail qui reste purement artisanal, réalisé l’outil à la main et qui demande patience et minutie. Et cette alchimie fonctionne. Jean-Michel Collell en voit immédiatement la conséquence quand il expose son travail: “Le thème plaît et la technique intrigue”.
“Résultat, parmi mes acheteurs, j’ai la chance d’avoir beaucoup de gens qui m’achètent leur première oeuvre d’art”.
Anne Devailly

VERBATIM
“Le grillage, par sa nature perforée, fait entrer la lumière et l’air, donnant ainsi une transparence visuelle permettant aux spectateurs de voir à travers l’œuvre. Cette caractéristique symbolise à la fois l’ouverture et la liberté. J’utilise le grillage pour représenter des idées de transcendance des barrières physiques ou des limites mentales”.

JM Collell est né en 1968 et réside à Montpellier, il s’est fait connaître en exposant son art dans différentes galeries d’art en France et à l’étranger ainsi qu’à travers de nombreux salons européens et internationaux.

34130 Saint-Aunès
Résidence en galerie
Oui

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