AULLAS d’AVIGNON Arne

AULLAS d'AVIGNON Arne
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Je suis une artiste plasticienne dont le cœur d’expression est l’estampe et le livre d’artiste.

Je propose des ateliers de gravure et impression (taille douce et taille d’épargne) tant à Laguépie que dans différentes structures selon projets.
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Article publié dans l’ouvrage annuel, Artistes Occitanie, les 30 artistes (2024)
Laguépie (82)
Arne Aullas d’Avignon
La gravure, la plaque, matrice et objet

Arne Aullas d’Avignon est une femme graveur qui accorde autant d’importance à l’action de graver le métal qu’à celle de l’impression. Chacune apporte quelque chose: l’oeuvre sur papier est une empreinte mais la matrice remet en avant les intentions du geste sur la matière indispensable pour en arriver là.

Arne Aullas d’Avignon mélange les techniques. Rien d’étonnant si l’on considère que d’emblée, avec son prénom improbable, elle était à elle seule un mélange des genres, des pays, des choses: “Mes parents étaient des voyageurs du Nord. Ma mère, artiste, m’a donné ce prénom, Arne (prononcez: Arne, sans accent), car la consonance lui plaisait, mais c’est un prénom de garçon. Mais finalement, il me plaît bien. Dans le Tarn, il y a une rivière qui s’appelle l’Arn. Et en langue inuit, Arne veut dire femme. Donc tout cela fait un mélange cohérent!”
De ce joyeux mélange, l’artiste retient avant tout le lien qui se fait naturellement entre son nom et les lieux qui lui sont chers, que ce soit la rivière proche de son lieu d’habitation ou cette signification en langue inuit. Après ses études aux Beaux-Arts de Nancy, elle refait cinq ans d’études au Canada dont six mois dans l’Arctique, ce qui lui permet d’échanger avec des graveurs et des sculpteurs de cette culture peu connue.
Aujourd’hui, l’artiste aime toujours chercher dans son travail le lien entre l’espace que l’on crée et le lieu où l’on vit, que ce soit dans ses gravures présentées en tant que telles, ou dans ses nombreux livres d’artistes. “Je m’inscris dans une veine abstraite, c’est certain, mais il s’agit presque toujours d’une écriture du paysage. J’y retrouve des émotions de lieux connus, parcourus”.
Le résultat peut être déconcertant pour qui chercherait vainement à reconnaître un lieu précis. On est plutôt dans la sobriété du trait, dans la matière de la matrice qui se donne à voir, et parfois dans des ajouts de lettres d’un alphabet fantasmé.

Pour cela, elle va utiliser toutes les possibilités de la gravure, considérant que cet art a plus à voir avec la sculpture qu’avec le dessin. “Je ne suis pas peintre, je grave, je sculpte. Il y a dans la sculpture comme dans la gravure un rapport à la matière qui m’intéresse. Même quand je fais de la taille douce, ce qui m’attire, c’est le métal et ses caractéristiques par les différentes phases de la gravure: la taille directe, voire la morsure à l’acide si on réalise une eau-forte, et l’encrage”.
D’ailleurs, cette passion pour le matériau amène Arne Aullas à s’investir également beaucoup pour faire découvrir le monde de la gravure au grand public: “C’est indispensable, les gens bien souvent ne connaissent pas cet univers, ses métiers. La gravure est le moyen de faire des multiples, mais l’impression n’est pas mécanique, chaque tirage est unique. Dévoiler la somme des étapes de la gravure à l’impression, le choix du papier. On parle de gravure originale”.
Et de fait, c’est cet aspect un peu “mélange des genres” qui intéresse l’artiste: elle pratique au départ la taille-douce, autrement dit l’entaille d’une plaque de cuivre, de zinc ou d’acier avec une pointe sèche ou un burin. Il faut ensuite encrer la plaque pour que l’encre pénètre dans les creux et essuyer l’encre qui reste en surface. C’est le papier humide à coeur qui va aller chercher l’encre dans les creux en passant à la presse.
Contrairement à la deuxième grande famille de gravures, la taille d’épargne ou là, au contraire, les zones creusées à la gouge sont “épargnées” par l’encre. C’est généralement ce que l’on pratique avec la linogravure.
Mais Arne Aullas s’amuse à mélanger les deux. “Il m’arrive d’intervenir sur la plaque à la meuleuse, voire au chalumeau ou pourquoi pas en rajoutant un peu de soudure. Dans tous ces cas, l’encrage de surface est aussi intéressant que celui des zones entaillées. On n’est plus dans la taille douce, on n’est pas non plus dans la taille d’épargne. Et indépendamment de l’impression, ce qui peut être intéressant, c’est la plaque elle-même: il m’est arrivé de faire des installations avec mes plaques et mes impressions, les unes ou les autres peuvent apporter quelque chose. La plaque n’est pas qu’une simple matrice”.
Le résultat montre ce mélange des genres. Dans la gravure sur acier “Les Tunit” d’après une légende de Povungnituk”, réalisée en 1989,prix de la collection Loto Québec, il y a certes le trait noir qui dessine le motif, et qui provient des entailles pratiquées dans l’acier, mais il y a aussi les effets de matière sur le papier, obtenu par le grattage et le meulage de la plaque d’acier. Résultat: la silhouette qui évoque vaguement une forme double de chasseur à l’arc se retrouve dans un lieu, certes indéfini, mais qui existe. Il n’est pas le seul élément au milieu du cosmos. Cela vibre autour de lui.
Dans tout ce cheminement, il y a toujours une place pour l’aléatoire, l’imprévu, la découverte, avec le risque de la bonne surprise comme de la moins bonne. “Quand j’étais à Montréal, j’ai laissé des plaques vernies sur le balcon. La neige les a recouvertes tout un hiver, les plaques se sont oxydées lentement. A l’impression, cela a donné la qualité d’un tirage argentique!”.
“La gravure demande des connaissances techniques, mais c’est avant tout un art très intuitif. Ce que je dessine n’est jamais exactement ce que je grave, et ce que je grave n’est pas ce que j’imprime. Ce qui finalement impose également un certain détachement: il faut respecter les étapes, accepter les aléas. A chaque fois, il y a des paramètres sur lesquels on peut jouer, mais on ne maîtrise jamais tout. Il y a des plaques que j’ai mis près de vingt ans à finir!”
Que ce soit pour un seul tirage ou pour créer un livre d’artiste, la gravure, ou l’art de la patience.
Anne Devailly

BIO
Née dans une famille d’artistes, fille de Francoise Boulanger Aullas, Arne Aullas d’Avignon réalise ses premières gravures à l’âge de 15 ans, élève de Jacques Houplain aux ateliers des arts déco du Louvre puis fréquentera plusieurs ateliers dont l’Atelier Circulaire à Montreal.
Diplomée des Beaux-Arts à Nancy en 1982, elle complète son cursus à l’INALCO où elle suit un certificat d’études sibériennes et inuit puis poursuit un master fine arts à l’Université Concordia, l’Université anglophone de Montréal (1990). Les projets dans l’arctique ont été encouragés par des bourses françaises et canadiennes.
De retour en France en 1990,elle collabore à l’oeuvre gravée de sa mère. De 2013 à 2021, elle enseigne à l’Ecole des Beaux-Arts de Carcassonne. et y développe l’atelier de gravure.
Des prix jalonnent son parcours, le prix de la collection Loto Québec en 1989, le prix Regner Lhotellier en 2006. Collections particulières en France et à l’étranger.
Expose au Salon du Livre d’artiste de Saint-Antonin Noble-Val depuis 2011
à la Biennale des arts et du livre Art in Folio, à Rodez, 4ème édition en 2024.
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10 Rue du Balat 82250 LAGUEPIE
Atelier ouvert au public
Oui
Téléphone

    Statut artiste
    Artiste-auteur
    N° MDA ou Agesssa
    793 347923 00021 MdA AA93601
    Galerie d'art de l'artiste

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