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Dans les Hautes-Pyrénées, un activiste russe veut détruire des chefs d’œuvre si la Grande-Bretagne extrade Julien Assange

 

C’est au départ une interview accordée par Andrei Molodkin à la chaine de télévision britannique Sky News, le 123 février.

C’est aujourd’hui une affaire qui fait le tour des medias français, britanniques et américains, et qui trouve son origine dans la commune de Maubourguet, dans les Hautes-Pyrénées, commune de 2400 habitants qui a donc été citée en un mois dans plus de 250 medias à travers le monde.

crédit: Andrei Molodkin, Dead Man’s Switch, 2024, bombe au milieu de seize caisses contenant des œuvres d’art.
© The Foundry Studio

Andrei Molodkin est un dissident politique, artiste et collectionneur russe qui fait parler de lui actuellement… et du lieu où il vit depuis quelques années: l’ancienne fonderie Fabre, à Maubourguet dans les Hautes Pyrénées, qu’il a rachetée en 2021 pour la transformer en centre d’art expérimental, The Foundry.

Sa nouvelle action est à cheval entre la performance artistique et l’action politique: l’homme a rassemblé 16 toiles de maître, parmi lesquelles des toiles signées Picasso, Warhol, Rembrandt ou, plus récemment Andres Serrano. Le tout représente un ensemble estimé à plus de 45 millions $. Andrei Molodkin a annoncé qu’il attend d’autres œuvres qui pourraient rejoindre les caissons, notamment une œuvre du dissident chinois AI Weiwei.

Selon ses dires, ces œuvres auraient été données par des artistes ou des collectionneurs solidaires de ce projet hors norme. L’artiste activiste a même cité certain des mécènes, collectionneurs ou artistes.

Le 13 février sur la chaîne de télévision britannique Sky News, l’homme a annoncé qu’il détruirait ces œuvres si Julien Assange, le fondateur de Wikileaks mourrait en prison.
Images à l’appui, Andrei Molodkin a précisé que ces œuvres sont enfermées dans un coffre-fort suisse de 29 tonnes, ce coffre-fort contenant une substance corrosive qui peut être libérée à distance et détruire les oeuvres.

L’épouse de Julian Assange a fait le déplacement à Maubourguet pour assurer l’activiste russe de son soutien à ce projet, baptisé Dead Man’s Switch.

Aujourd’hui, le projet a évolué et dépend maintenant de l’extradition ou non du lanceur d’alerte aux Etats-Unis. Le dissident russe a raconté à la presse récemment que ce n’est plus lui qui maîtrise le dispositif mais une entreprise de sécurité, et elle cessera de protéger le container contre l’attaque de l’acide si jamais Julian Assange, aujourd’hui emprisonné en Grande-Bretagne, est extradé aux Etats-Unis, décision que doivent prendre les juges britanniques dans les semaines qui viennent et qui revient pour lui à une peine de mort pour le dissident.

En attendant, la commune de Maubourguet attend la visite d’une équipe de journalistes du New York Times.

  • D’origine australienne, Julien Assange est emprisonné à Londres depuis avril 2019. Il est menacé d’extradition aux Etats-Unis. En 2010, la société à but non lucratif qu’il avait créée – Wikileaks – avait rendu publiques des informations concernant les activités militaires de l’armée américaines en Irak et en Afghanistan. Les Etats-Unis demandent son extradition, et la justice britannique doit se prononcer dans les semaines qui viennent.
  • Le journal des arts précise que The Foundry est  “devenue la plateforme de cette forme d’art que personne ne peut réaliser ailleurs. Cependant, cet art finit parfois par atterrir dans les plus grandes institutions. Liquid Modernity, réalisé par l’artiste en 2009, fait maintenant partie de la collection de la Tate Modern, tout comme l’installation Forward d’Erik Bulatov, créée à The Foundry”.

 



 

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