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Pierre Bergé (Grenoble/Tarbes) poursuit son travail artistique en solidarité avec l’Ukraine et souhaite y associer d’autres artistes

L’artiste Pierre Bergé, qui partage son temps entre sa ville natale, Tarbes, et Grenoble, reçoit cette semaine sa traductrice qui fait le déplacement avec ses deux enfants depuis l’Ukraine.
Ensemble, ils vont traduire les textes que l’artiste a écrits quand il était en Ukraine au printemps 2023. “Sur place, j’avais réalisé une soixantaine de dessins et commencé un long flux poétique. Avec la traductrice, nous allons traduire ces textes en ukrainien et constituer ensuite avec les dessins des livrets, qui seront à la vente pour ceux que cela intéresse à Tcherniguiv. Et l’argent récolté sera reversé aux associations qui s’occupent des orphelins”.
Mon souhait maintenant: retourner en Ukraine en février, et y emmener d’autres artistes l’été prochain, pour engager une dynamique collective au profit de ce peuple meurtri”.

Ce nouveau travail prend la suite d’une mobilisation que l’artiste a entamée le jour de l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes: “Quand la guerre a commencé, en février 2022, j’ai commencé à dessiner, le jour même. Et j’ai continué. Un dessin  par jour. Cela a constitué une série, uniquement monochrome, Ce moi-ci, ce moi-là.
Et puis les pays européens ont commencé à accueillir les Ukrainiens. Je me suis alors lancé dans une deuxième série, Bien venus: 45 dessins, qui intègrent tous un écrit dans la langue d’un des territoires (pays, région) qui les ont accueillis.
Et cet été j’ai réalisé une troisième série, Regard à l’Est.
Au total, cela faisait donc 140 dessins que j’ai exposés en avril à l’artelier à Tarbes. La vente a permis de récolter une somme que j’ai donnée à l’association Portes Ouvertes 65, qui s’occupe d’accueillir les réfugiés à Tarbes“.


Cette exposition a eu des suites: des réfugiés ukrainiennes hébergées par l’association sont venues voir l’exposition. “L’une d’entre elles m’a parlé de ses parents qui  venaient de Tchernihiv, au nord de Kiev et seule ville à avoir résisté à l’invasion russe. Elle m’a mise en contact avec sa professeur de français en Ukraine”.
Pedro et sa femme partent en flixbus à Tchernihiv, et y passent dix jours cet été. L’artiste expose les dessins déjà montrés à Tarbes dans trois lieux symboliques de la ville: le musée régional, l’office du tourisme et l’intermezzo, trois lieux de culture et de résistance. 

Mais sur place, il dessine ce qu’il a sous les yeux et écrit. Et il expose également ses dessins réalisés sur place dans les ruines de la ville où il réalise également quelques fresques.
Le geste lui permet de nouer des contacts avec la population, qui lui réserve un accueil chaleureux.

Aujourd’hui, l’artiste ne sort pas indemne de cette aventure: “J’ai vu des villes sans enfant, j’ai vu le programme de déculturation mis en place par la Russie: : elle bombarde systématiquement tous les lieux de mémoire de l’Ukraine: centre des archives, bibliothèques, etc”.
Mais il poursuit l’aventure, fort des liens maintenant noués sur place.
A.D.

crédits photos: Pierre Bergé

Montage réalisé par l’artiste: en bas, sa présence en juillet et le dialogue avec la population. Un mois plus tard, le bombardement des mêmes lieux.

 

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