Philippe Aïni consacre un livre monographique à Carré Line

 

L’artiste Philippe Aïni, basée dans les Corbières audoises, qui crée et présente le travail d’autres artistes dans la coopérative qu’il a rachetée à Serviès-en-Val, se fait maintenant éditeur, et publie une monographie consacrée à l’artiste Carré Line.

Carré Line, nom d’artiste de sa fille Caroline, a longtemps travaillé aux côtés de son père, avant de poursuivre une œuvre de plus en plus personnelle, jusqu’à ce que la maladie (SLA, maladie de Charcot) l’empêche de poursuivre.

Le livre présente, sur 120 pages, le travail de l’artiste, avec des textes écrits par Philippe Aïni, mais également différents collectionneurs du travail de Caroline.


Disponible début décembre.
Editions Coop Art, 50€ plus 5€ de frais de port.
Coop Art, 1 rue Joseph Delteil, 11220 Servies-en-Val.




 

Philippe Aïni rend hommage à sa fille Caroline dans un texte très personnel, 

Aujourd’hui, bien que couchée, debout elle est.
(extrait)

Aujourd’hui, ses sourires sont des râles, mais ses yeux pétillants ne cessent de parler de cette souffrance que l’on appelle quelquefois la vie.
Aujourd’hui, bien que couchée, debout elle est, dépassant un advenir beaucoup trop court.

Son éternité est faite, elle ne laisse à la mort qu’une tombe vide.
Elle revient de naître pour une humanité à enseigner, qui subit la souffrance sans vouloir la connaître, l’explorer.
Laissant libre la pensée pour inventer, en gémissant, une autre liberté souffrante.
Elle a compris que rien ne se rachète. Dieu ne sait pas faire l’aumône.
Elle ne m’en veut pas, ni ne m’envie. Et moi je m’en veux!

En l’aimant, en la regardant, j’ai voulu apprendre à supporter aujourd’hui sa souffrance: il m’est impossible de l’en délivrer.

J’aurai bien “immolé” toutes mes créations, je donnerais tout pour lui redonner Sa Vie.
Aujourd’hui ses mots ont plus expressifs que toutes ses peintures, ils s’appellent SiLENCE.
Entre nous, elle m’appelait “La Vieille” et j’aimais ça.

Philippe Aïni