Affaire de la sculpture d’Hayange, repeinte sans le consentement de l’artiste: Alain Mila obtient gain de cause

 


En 2001, réalisation de l’oeuvre.

L’artiste Alain Mila, aujourd’hui installé à Léojac (82), vivait dans les années 2000 à Hayange, en Moselle. La ville souhaite installer une sculpture dans le cadre d’un réaménagement du centre ville. Alain Mila propose de réaliser une fontaine qui reflète à la fois l’identité industrielle de la commune (la métallurgie, les mines) et ses espoirs d’avenir qui repose en partie sur une eau de source de qualité. 

L’artiste réalise l’oeuvre, la Source de vie qui comprend une partie faite d’acier et de pierre grise et foncée. La partie métallique puise l’eau, la canalise et la projette hors de terre, où elle se déverse sur un oeuf pour le féconder.

En 2014, la mairie FN repeint l’oeuvre

Alors que l’artiste est à présent installé en Tarn-et-Garonne, la nouvelle municipalité Front National fait repeindre l’oeuvre en bleu sans en parler à l’artiste. Le maire se justifie en affirmant que cette action entre dans le cadre d’une opération générale visant à égayer la commune (plus de couleurs, des fleurs, etc).
Avec mon avocat, on a simplement demandé qu’il remette cette sculpture en son état originel. Face à son refus, nous avons porté plainte”, explique Alain Mila qui saisit le tribunal administratif et lance une pétition en ligne qui reçoit très vite plusieurs milliers de signatures.

2019: le TGI de Nancy donne raison à l’artiste

Il faut encore attendre cinq ans: le 6 décembre 2019, la procédure juridique est enfin arrivée à une délibération sur le fond de l’affaire. Le Tribunal de Grande Instance de Nancy reconnait le droit moral et intellectuel de l’artiste. La commune d’Hayange et son maire FN (RN) a été condamné pour l’atteinte à ce droit moral ainsi qu’aux entiers dépens.

La suite?

“Mon œuvre, explique Alain Mila, suite à leur décision de déclassement, ‘réside’ encore et toujours dans un container des ateliers municipaux. En défendant cette œuvre, j’ai défendu l’art en général. Je ne comprends pas qu’une sculpture puisse ainsi être dévalorisée. L’article de loi L2112-1 permettrait peut-être de rappeler qu’une œuvre d’art ne peut être déclassée aussi facilement de bien public en bien privé ? Mais à ma connaissance aucune jurisprudence n’existe à ce sujet. ?!

“Mon souhait est évidemment que cette oeuvre redevienne au plus vite un bien public visible de tous !”, précise l’artiste.

 

 

 Sculpture « Source de vie », 2001. Hayange

2014, l’oeuvre repeinte par la mairie sans accord de l’artiste.