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Bernard Duvert

Montauban sous le double regard de Bernard Duvert

 

Bernard Duvert est une figure connue de Montauban, à la fois par son parcours atypique et pour ses peintures.
Il a notamment réalisé toute une série d’aquarelles et d’huiles sur cette ville, comme il l’a fait également sur la ville de Caussade.
Les deux ont fait l’objet d’un livre.

Du bleu, reflet du ciel ou des eaux du Tarn. Du rouge pouvant évoquer les briques ou la chaleur méridionale. Des arches et des arcades rappelant aussi bien le pont vieux que la place nationale ou des édifices religieux. Rien n’est précis, mais tout est là, dans une mosaïque expressionniste aux gestes rapides et spontanés, où la ville de Montauban est bien présente.

Bernard Duvert connaît bien cette ville, suffisamment pour la traiter de différentes façons: à l’aquarelle pour des vues clairement reconnaissables (les rives du Tarn, le pont vieux ou le Musée Ingres), mais également à l’huile dans des évocations plus rapides et plus expressionnistes.
“En tant que peintre, je ne fais plus guère ce travail, précise l’artiste, en parlant de ses aquarelles. Mais je l’ai fait avec un réel plaisir, en souvenir de mes années de jeunesse où je pratiquais beaucoup l’aquarelle”. Ce prêtre, en délicatesse avec l’église, s’est formé à la peinture au contact du peintre post-impressionniste Edmond Missa, un compatriote d’Utrillo à l’Ecole de Paris. Le travail de Bernard Duvert a d’ailleurs bénéficié, il y a quelques mois, d’une belle reconnaissance parisienne “La maire Anne Hidalgo m’a remis la médaille vermeille de la ville de Paris. Et à cette occasion, je me suis souvenu que j’avais reçu le premier prix de la ville de Paris pour une aquarelle quand j’avais 9 ans!”.

Le travail que l’artiste a mené des décennies plus tard sur cette ville de Montauban (et celle où il habite, la cité voisine de Caussade) renoue donc avec un long maniement du pinceau. “En fait, c’est le maire de Montauban qui m’avait demandé ce travail”, explique simplement l’artiste. L’ensemble des huiles réalisées sur la ville a fait l’objet d’une exposition au Musée Ingres en 2012. L’année suivante, ce sont cette fois-ci les aquarelles qui ont été exposées au Conseil départemental du Tarn-et-Garonne, sur proposition de Jean-MIchel Baylet, qui présidait alors cette collectivité.

Deux approches bien différentes mais qui se complètent

Bernard Duvert a découvert la peinture expressionniste en 1988. “Cette année-là, j’ai rencontré le peintre suédois expressionniste Bengr Lindström. J’ai travaillé 17 ans avec lui en atelier à Paris. C’est un maître pour moi. Mon travail depuis cette période n’a donc plus grand rapport avec les aquarelles que je pratiquais dans ma jeunesse. Aujourd’hui, très clairement, j’aime travailler sur de très grands formats. Mes toiles font facilement 2 x 2,5 mètres, et ont beaucoup d’épaisseur, car je dilue moi-même mes pigments”.

Pour l’instant, seules les aquarelles ont été réunies dans un premier ouvrage. Mais il se pourrait qu’un deuxième ouvrage vienne à son tour mettre en valeur ce deuxième travail, l’ensemble donnait un regard vraiment original et rare sur une même ville: un seul artiste, mais deux travaux bien différents sur un même site.

La cité d’Ingres inspire décidément les artistes.

BIO EXPRESS

Bernard Duvert, parcours atypique

Bernard Duvert est prêtre, peintre, poète.

Né à Paris en 1951, où il commence à peindre très jeune, il suit par vocation le séminaire et est ordonné prêtre en 1979, même si son indépendance d’esprit n’est pas du goût de sa hiérarchie. Il mène de front sa vocation de prêtre et sa passion pour la peinture, et rencontre, en 1988, Bengt Lindström, avec qui il va travailler de longues années et qui va profondément modifier son regard et sa peinture.
Il publie parallèlement plusieurs ouvrages aux éditions La Différence, qui ne plaisent pas vraiment à la hiérarchie catholique. Son homosexualité reconnue compliquera encore plus les choses.
En 2000, il fonde la Fraternité Max Jacob, ce poète breton d’origine juive et converti au catholicisme, qui vivait dans un monastère jusqu’à ce que les Allemands le trouvent et l’envoient dans les camps de la mort dont il ne reviendra pas.