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Louis Blanc, Toulouse

Corps à corps

A Toulouse, Louis Blanc est un photographe autodidacte qui a commencé avec les moyens les plus simples : un appareil, un corps, le sien. Le projet a pris de l’ampleur, et la série CORpuS l’a lancé. Le photographe la décline maintenant de différentes façons, en gardant le même regard.

Pendant de longues années, Louis Blanc n’était rien de plus qu’un photographe amateur, comme tout un chacun. Après une expérience avec un compact numérique dans les années 2000, il prend conscience que son matériel est limité et fait l’acquisition d’un reflex numérique fin 2010 et là .. le déclic s’opère : il découvre la photographie !

Et petit à petit, il se lance, s’imprègne d’analyses techniques dans les magazines spécialisés et consulte de nombreux forums consacrés à la photo. Et puis il met ses clichés sur des sites, écoute les avis, et commence à construire son travail, avec les moyens du bord. Autant commencer avec ce qu’on a sous la main : sa propre personne.

Les mains, les pieds, les membres, un détail du visage, tout, du moment que la posture permette un geste expressif, voire expressionniste : le geste sort de l’ordinaire, la mise en scène est travaillée, le noir et blanc renforce la profondeur, le visage n’est jamais là, ou alors de manière fragmentée, mais tous les clichés répondent à une même idée : « Généralement, quand on photographie quelqu’un, on montre le visage. Il est évident que le visage concentre alors les émotions et le reste du corps passe alors naturellement au second plan. Ce que j’ai voulu faire, c’est au contraire montrer que le corps lui aussi peut susciter une émotion, parler, s’exprimer. Et pour cela, il était nécessaire de masquer le visage ».

Ses œuvres, très graphiques, très travaillées, font évidemment penser à quelques peintres : la main crispée dans le vide rappelle les mains du Christ dans le retable d’Issenheim, d’autres ont la précision des mains en prière de Dürer, pendant que les raccourcis qui exagèrent la perspective et résument parfois le corps à une main ou un pied peuvent faire penser aux raccourcis les plus audacieux dans l’histoire de l’art (comme le Christ mort, de Mantegna, où les pieds semblent sortir de la toile, ou, plus récemment, certains Christ de Salvador Dali).

Ces références picturales ne déplaisent pas à l’artiste : « J’ai un peu de mal à me définir comme photographe. En ce moment, mon travail est exposé de manière permanente dans une galerie de Lourmarin (dans le Lubéron), avec d’autres artistes qui travaillent sur le corps. Je suis le seul photographe, et cela me convient : il me semble que mon travail s’insère mieux dans une réflexion thématique que par rapport à la technique que j’utilise. Finalement, peu importe que ce soit de la peinture, de la sculpture, de la photo ou autre. Ce qui compte, c’est l’expression qui s’en dégage ».

Les photos qui appartiennent à la série CORpuS ont toutes demandé un long travail, à la fois pour trouver la posture la plus expressive, celle qui permettra de poser un nouveau regard sur le corps, et pour réussir à la saisir avec l’objectif. Derrière chaque cliché, donc, de nombreux essais, de nombreuses prises de vue… toujours avec la lumière naturelle, auquel Louis Blanc rajoute parfois un flash déporté à faible puissance. Une télécommande et un retardateur permettent au modèle de faire aussi le photographe.

La série est devenue la colonne vertébrale de son travail, celle qui l’a fait connaître et qui trouve aujourd’hui des prolongements. Aujourd’hui, la série comprend quelque 80 photos. Plusieurs fois, Louis Blanc a cru la série terminée, et plusieurs fois, il l’a reprise et complétée.

Quelques éléments bio…

« Tout est arrivé par hasard, explique Louis Blanc. J’étais conducteur de travaux  dans les travaux publics, je n’avais pas beaucoup de temps à consacrer à la photo. Mais cela m’intéressait. Alors j’ai acheté un appareil réflexe et puis j’ai lu des revues, consulté des forums ».  Louis Blanc a alors 54 ans.
Il se lance, réalise ses premiers clichés, les publie sur internet pour trouver ses premiers amateurs et écouter leurs remarques. Au départ, deux thèmes : l’architecture urbaine et le corps, son corps.
En 2014, il reçoit un coup de pouce d’une association toulousaine, Maecene Arts, où il peut rentrer, parrainé par Alain Vaissière, un artiste devenu lui-même photographe après une carrière d’ingénieur à Toulouse, et qui réalise aujourd’hui des photos numériques depuis son atelier sétois. Louis Blanc est épaulé. L’originalité de sa série CORpuS fera le reste.

Aujourd’hui, Louis Blanc a un pressbook impressionnant, de nombreuses expositions à son actif et… des modèles prêts à travailler pour lui un peu partout.

Mais surtout, cette série en a engendré d’autres : CORpuS 2, où la filiation est très claire avec la première, sauf que cette fois-ci, la photo met en scène deux corps et non le seul corps du photographe. « Cette série est née de la rencontre avec la photographe Véronique E. Bourgeois au Festival Européen de la Photo de Nu d’Arles en mai 2013 où elle exposait et où j’avais exposé l’année précédent. Suite à cette rencontre, je lui ai proposé une coopération artistique sur un projet dans la veine de cORpuS avec deux corps. Cette série représente un travail précis réalisé à une période précise. » cORpuS II a été exposée à ce même FEPN d’Arles en mai 2015.

Et depuis peu, le photographe est passé à un nouveau projet, prolongement naturel de CORpuS, Alter CORpuS: « Je prends des personnes qui ont envie de servir de modèles pour des photos réalisées dans la lignée de CORpuS. Pour moi, c’est à la fois une expérience artistique, car il me semble qu’il y a beaucoup de choses à dire avec des corps différents, et une expérience humaine ! J’ai l’habitude de travailler seul, là, il faut instaurer le dialogue ».
Commencée fin 2015, l’artiste a d’abord réalisé quelques photos avec des proches avant de faire savoir qu’il cherchait des volontaires. Résultat, il va maintenant aller faire quelques prises de vue dans différents lieux de l’Hexagone, Paris, Lyon, etc. « Je n’ai pas besoin de grand-chose, poursuit l’artiste : une pièce d’une vingtaine de mètres carrés, pas encombrée et avec un éclairage naturel ». Souvent, les personnes volontaires ont une idée de posture, prise ou non directement dans la première série CORpuS. « Parfois, cela fonctionne, parfois nous partons sur autre chose ».

Louis Blanc n’attend pas que la série soit achevée pour la montrer. Petit à petit, il montre ses clichés sur sa page facebook, toujours ouvert aux remarques et réactions du public.

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Rencontre parue en janvier 2016

AltercORpuS…. Avis aux personnes intéressées.

Louis Blanc poursuit sa série AltercORpuS et pour cela se rend dans différentes villes où peuvent se trouver des personnes intéressées. C’est déjà le cas de Paris ou Lyon, mais si des personnes de la région souhaitent participer, qu’ils n’hésitent pas à contacter l’artiste dont le programme n’est pas arrêté.

Le plus simple est de le contacter via sa page Facebook