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Pierre Assémat, Castres (81)

Le grand théâtre de Pierre Assémat

 

Depuis l’âge de 16 ans, l’artiste tarnais Pierre Assemat manie le pinceau et trouve sans difficulté un sujet qui l’inspire. La vie et le quotidien ont nourri sans cesse sa peinture, débordante de vie, de sujets et de couleurs.

Il y a beaucoup de choses dans une toile de Pierre Assémat : quantité de personnages, humains et animaux, ou êtres hybrides généralement truculents, la plupart du temps en groupes, s’animent dans des scènes cocasses et théâtrales. Des formats qui ont toujours l’air un peu trop petits pour ce que l’artiste a envie de dire, une palette riche de couleurs franches et vives les font vivre avec beaucoup d’humour.
Le tout donne l’impression d’une humanité sans cesse en mouvement et en train de se réinventer. Le peintre lui- même est partie intégrante de cette humanité: il réinvente sa peinture au quotidien, en alternant les sujets et en multipliant les scènes, comme s’il était lui-même un des personnages de ses tableaux, spontané, en mouvement, ayant quelque chose à dire, à faire, ou à partager. Bref, l’artiste s’exprime et s’amuse à la fois. En cinquante ans de travail, il a à son actif plus de 3000 oeuvres, essentiellement des peintures sur toile, mais aussi des dessins, des pastels, des gouaches et des encres de chine…
Dans sa série Le Cirque, très souvent exposée, l’un des tableaux principaux s’appelle Parade pour un peintre. On y voit les personnages et animaux du cirque, heureux d’être ensemble et de poser pour le peintre qui s’est lui- même représenté dans ce tableau.
Ses oeuvres peuvent se ranger par thème, mais toutes, en dehors des paysages des premières années, ont en commun la présence humaine, réelle, fantasmée, ou vue au travers de la mythologie ou de la littérature.
La mythologie ne l’intéresse que si elle peut s’intégrer au monde contemporain: quand il peint Ariane et le Minotaure, un personnage lit un livre actuel, Ariane est habillée d’une robe jaune avec un décolleté plongeant et une poitrine généreuse. Elle regarde avec amusement le Minotaure tout en tenant une aiguille et du fil. Derrière elle, un personnage semblant sortir d’un fabliau médiéval joue de la harpe. Bref, toutes les époques se télescopent dans un tableau où ne reste de ce mythe qu’un prétexte à réunir animaux et personnages sur une toile.

VERBATIM

Jean-Henri Escoulan consacre ce mois-ci une exposition au peintre tarnais à Toulouse, galerie Palladion.
« J’ai procédé comme je fais toujours avec un nouvel artiste: j’expose en amont deux ou trois oeuvres afin de voir comment réagit mon public. Organiser une exposition, c’est un vrai investissement pour le galeriste comme pour l’artiste.
L’accueil a été favorable, alors on s’est lancé sur l’expo. J’aime le côté grotesque de son travail, qui le fait pencher du côté de Bosch ou d’Ensor. Et comme chez ces deux prédécesseurs, ce côté grotesque, ses personnages outranciers ne sautent aux yeux que parce que l’artiste sait composer et manier les couleurs. »

Il n’y a aucun doute, Pierre Assémat voit l’humanité avec beaucoup d’empathie. Mais ce regard généreux ne signifie pas qu’il est dupe, et l’artiste ne s’interdit pas de dénoncer les bassesses humaines, les injustices, la violence, ou tout simplement, par quelques regards appuyés la concupiscence, la jalousie, etc…

Souvent drôle, parfois caustique, et quelquefois nettement plus grave, l’artiste propose sa vision de la dernière guerre mondiale ou évoque à sa manière les Caprices de Goya.
Il faut dire qu’en plus de 75 ans de vie, Pierre Assémat en a vu de toutes les couleurs et c’est important pour cet artiste qui, sans faire une peinture réaliste, nourrit son oeuvre du quotidien et d’une imagination fertile. L’artiste, né dans le sud, a connu quelques années de bohême parisienne, où il vit de petits métiers et rencontre en même temps d’autres artistes à l’atelier de la Grande Chaumière, avant de revenir dans ses terres natales.

Finalement, il était logique qu’un jour ou l’autre il rencontre l’oeuvre de Goya. L’artiste n’occulte pas la violence, mais il réinterprète la cruauté du monde de Goya pour lui donner une tonalité contemporaine. Dans la série des Caprices ( Caprichos pouvant aussi se traduire par  » fantaisie » ), l’artiste espagnol réalise une série de gravures qui prend pour sujet la satire de la société espagnole qu’il côtoie. Certaines sont réalistes, d’autres franchement absurdes et peuplées d’animaux étranges.

Dans ses Caprices à lui, Pierre Assémat respecte scrupuleusement les scènes dessinées par Goya, mais il y ajoute son regard, sa palette de couleurs vives et la vérité de son trait.
Voilà comment il reprend l’idée du viol mais appelle maintenant sa toile : la Zumba. Dans un autre, il reprend la scène des jeunes qui portent les ânes, en insistant sur les basketts bien actuelles de l’un des deux joueurs, et intitule sa toile : le Pari fou. Le monde était fou du temps de Goya , il n’est guère mieux aujourd’hui.
La mise en scène picturale de Pierre Assémat n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

AD

Rencontre parue en mars 2017

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